Egalité & réconciliation : le SOS racisme « black / blanc / beur » au service du Front National ! (3 articles)

2 vidéo dans la page (dont l'interview de Binti Jua)

L'imposture Soral et l'arnaque à la dissidence :
MC Soral, le maître du logos manipule la banlieue

Article pardu dans Zamanfrance.fr

Ancien communiste converti au nationalisme, version Front national, Soral prétend depuis 7 ans maintenant oeuvrer pour un rapprochement de nature patriote entre les diverses catégories de Français afin d'empêcher, comme il le dit, une guerre civile en France.

Gauche du travail, droite des valeurs. Egalité et réconciliation. Depuis 2007, date de la création du mouvement d'Alain Soral, ces slogans ont fait le tour de la toile... et des banlieues françaises.

Ancien communiste converti au nationalisme, version Front national, Soral prétend depuis 7 ans maintenant oeuvrer pour un rapprochement de nature patriote entre les diverses catégories de Français afin d'empêcher, comme il le dit, une guerre civile en France. Pour atteindre ce but louable, il propose à tous une main tendue et dénonce un complot anti-raciste du Parti socialiste visant à opposer de méchants blancs prétendument fascistes à des jeunes issus de l'immigration, habitants des quartiers populaires, et aussi, précise-t-il, de confession musulmane.

Pour Soral, cette confrontation est une mystification, une arnaque mise en place par les réseaux sionistes de France dans le but de soumettre les forces nationales au capital mondial. Nous verrons dans cet article, comment la ligne politique de Soral et l'ensemble des moyens qu'il a su habilement mettre en oeuvre relèvent bien eux-même de la mystification politique et en quel sens le travail d'Alain Soral, de Dieudonné et de leurs suppléants peut être défini comme une remarquable imposture.

Avant d'introduire notre critique, il nous paraît essentiel de préciser que cet article n'a pas de prétention scientifique. Une telle visée impliquerait un ouvrage entier, un recensement et une publication de l'ensemble des vidéos de Soral, de ses conférences, de ses ouvrages, de ses articles, avec la mise en perspective de l'évolution diachronique du discours et de la pensée de Soral.

Un tel travail dépasse largement le cadre limité que nous avons volontairement établi. Ajoutons néanmoins qu'un nombre considérable et indéfini de ces informations seront synthétisées dans ce travail, synthèse qui est elle-même le fruit d'une connaissance approfondie de l'idéologie soralienne depuis plusieurs années, de l'auteur. Nous tenons également à rappeler que la critique de notre sujet est politique.

Nous ne jugerons pas de la nature de tel ou tel propos, analyse ou affirmation prédicative de Soral. Nous ne dirons pas que l'ensemble du discours soralien est tendancieux, faux ou mensonger. Nul n'ayant le monopole de la vérité, le sujet n'est pas là, et telle ou telle proposition du polémiste peut-être naturellement vraie mais employée au service d'une lecture politique elle-même tronquée. Notre analyse se situe donc à ce niveau.


L'alliance au nom de la double diabolisation

Pour Soral, la réconciliation des Français de droite, ceux de la droite des valeurs définie comme le respect de la Nation, de l'autorité, de la hiérarchie, de la morale religieuse, de la famille et du travail, avec les Français de la gauche du travail, comprenez sociologiquement de gauche, classes moyennes inférieures, classes ouvrières, salariat, classes précaires, et sur le plan urbain, ceux qu'on nomme les habitants des quartiers populaires dont beaucoup de jeunes issus de l'immigration, l'un des publics préférés de Soral, est vitale.

Lui-même justifie cette réconciliation comme la meilleure réponse à la volonté oligarchique de créer des tensions et des conflits sociaux de nature identitaire, ethnique ou religieux entre ces différents groupes, conflits destinés à servir de contrefeux à l'exploitation sociale exercée par les dominants identifiés comme le monde des banques, réduit lui-même à la coalition vétéro-testamentaire, autrement dit les juifs et les protestants.

Soral indique que le fait que les patriotes et le FN d'un côté, et les musulmans de l'autre soient tout deux diabolisés est la preuve flagrante de cette stratégie oligarchique qui viserait à mettre la France à genoux. En s'unissant, ces «Français» mettrait un terme à la domination communautaire du CRIF et de ses suppôts médiatiques inombrables.

D'un point de vue analytique, l'emprise qu'a pu avoir le mouvement de Soral sur la jeunesse des quartiers populaires est fascinante et assez surprenante dès lors qu'un certain nombre d'affirmations ou de propos de nature raciste ou inégalitaire ont été soient tenus au grand jour, soit relayés sur le site de egaliteetreconciliation.fr. Nous analyserons plus loin les raisons du succès du style soralien qui associe une combinaison de facteurs identitaire, politique, psychologique et stratégique.

Inégalité et pacification

La première imposture de Soral est de prétendre prôner une égalité entre Français, d'horizons divers, autour d'un projet politique de nature nationaliste, consistant à aimer et défendre la France contre la mondialisation, le métissage multiculturaliste, l'homogénéisation marchande des standards culturels américains et sa mise sous tutelle économique et politique. Ce postulat est faux dans son fondement.

Pour Soral, la condition française n'est pas une condition égalitaire mais un héritage attribué à des ayant-droits qui s'efforcent de le sauvegarder face à de «nouveaux arrivants», qui bien qu'implantés et présents depuis plusieurs générations sur le sol français, sont toujours perçus comme arrivants, immigrés, étrangers. Le recours à l'usage de la catégorie «Français de souche» balaie définitivement toute aspiration à l'égalité.

«Français de souche» n'est pas une dénomination socio-historique visant à identifier une catégorie de la population française sur des bases ethniques (blancs) et religieuses (catholiques), mais une catégorie à la fois anté et métapolitique qui vise à figer dans l'acier la définition authentique de ce qu'a été et de ce qu'est encore la francité : une condition ethno-culturelle dont on hérite par les hasards de l'Histoire et qu'on ne peut pas acquérir politiquement ou autrement.

Soral est conscient de ces contradictions dans son discours mais l'essentiel est ailleurs : en conquérant le cœur des jeunes de banlieue, il réussit deux tours de force. Neutraliser une force de contestation populaire, voire se l'approprier en l'orientant par son influence.

Renforcer le Front national, ce parti pour lequel il ne cesse de militer comme l'illustre quasiment chacune de ses sorties médiatiques, en minimisant sa diabolisation et en réorientant les colères populaires contre le Parti socialiste. Amoindries, minimisées, presque banalisées, les thèses racistes et islamophobes du FN sont promues à visage à peine couvert par Alain Soral devant un parterre de jeunes.

L'ennemi principal, puis l'ennemi secondaire

S'il rappelle son échec à avoir fait bouger la ligne du FN sur l'islam du temps où il en était membre, il s'attribue néanmoins celui du virage économique anti-libéral de Marine Le Pen. Mais l'essentiel est ailleurs. Dans une ancienne vidéo postée il y a quelques années, Alain Soral reprenait à son compte l'analyse de Carl Schmidt postulant qu'il n'y a pas de politique sans distinction de ses ennemis et de ses amis.

Des sous-catégories sont possibles : ennemi principal, ennemi secondaire, ami, allié circonstanciel, et la liste n'est pas exhaustive. Pour Soral, l'islam demeure à long terme une force dangereuse pour l'identité de la France qu'il défend, mais dans l'immédiat, il ne juge pas cette menace prioritaire du fait du faible niveau social et de la fragilité de l'insertion socio-économique des musulmans de France. Dans la vision politique de Soral, l'ennemi principal est le sionisme et ses agents nationaux. Cette menace justifie une alliance circonstancielle avec les Français issus de l'immigration, d'autant plus aisée qu'ils vogueront dans son orbite.

On remarquera à ce sujet l'utilisation de l'expression «front de la foi» entre catholiques et musulmans soulignant la vocation éminemment guerrière de cette alliance. En cas de victoire sur l'ennemi principal, les forces vives de la nation soralienne auront alors tout loisir de s'occuper de la domestication de cet islam, toujours présenté comme la religion de l'étranger quand bien même la moitié de ses fidèles sont Français.

Le judaïsme politique, impensé du soralisme

Comme Soral se plaît constamment à le rappeler, la présence sur le sol français de populations immigrées et de leurs enfants a été indésirée. Mais ces Français récents qui n'ont pas la légitimité de l'appartenance ethno-culturelle peuvent encore obtenir, par cooptation des ayant-droits de souche, un statut d'appartenance qui leur permettra par assimilation ou hiérarchisation de participer à la Nation française.

Il s'agit tout bonnement d'une retranscription analogique et politique des statuts religieux de «prosélyte» et «craignant Dieu» du judaïsme historique qui permettait une forme d'intégration des non-juifs sortis du paganisme à la communauté juive, mais sans égalité car on naît juif, on ne le devient pas, ou pas intégralement. Pour une analyse approfondie de l'origine juive de la pensée nationaliste, nous renvoyons le lecteur à la seconde partie de notre article Le malaise politique des musulmans de France publié il y a deux ans, sur le site oumma.com.

Cet impensé juif du nationalisme est l'une des clés psychologiques essentielles pour comprendre l'hostilité de principe manifesté par Soral contre les Juifs et son obsession juive présente sur à peu près l'ensemble de ses interventions. Le recours récurrent à la notion de «Français de souche», tout comme le rappel de la dimension exclusivement catholique de l'Histoire de France, ont pour objectif d'inscrire en lettres d'or sur les Tables mentales de la loi nationale la définition éternelle du peuple de France.

Toute allusion à d'autres strates historiques, religieuses, culturelles ou linguistiques est aussitôt écartée, annihilée comme la marque d'une volonté infâme de réécrire l'histoire de France. La diversité est mal vue dans le roman national des patriotes soraliens où protestants, juifs, musulmans et autres peuplades n'ont traversé le ciel de France que pour illuminer sa gloire personnelle.

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Soral et la banlieue : les raisons d'un succès

Comment Soral a-t-il réussi son entreprise de séduction d'une partie des jeunes des quartiers, mais aussi de nombreux trentenaires, et d'un segment de la population qu'il n'aurait jamais dû, en raison des thèses qu'il défend, charmer ? Oui, car c'est bien de charme qu'il s'agit au sens occulte de ce terme. De nombreux facteurs peuvent expliquer ce succès.

Sur la forme, Soral est un bon orateur, un bon client comme on dit dans le jargon des communicants. Il sait faire preuve de charisme, de franc-parler ce qui plaît aux jeunes et correspond assez à leurs standards de communication. Soral a su développer un style de communication direct, franc, brutal qui, contrairement aux éternels poncifs de la langue de bois médiatique et de son cortège de politiquement correct, séduit toujours la jeunesse.

Autre explication : l'innovation et le large investissement des nouvelles technologies a permis à l'équipe d'Egalité et Réconciliation de produire une nouvelle forme de politique-spectacle en phase avec les pratiques sociales (internet, réseaux sociaux) des jeunes, le tout avec une bonne dose d'humour, de musique et de provocation. Tous les ingrédients d'une bonne politique de consommation étaient réunis, avec le sentiment pour l'internaute d'accomplir un acte politique de transgression par le simple fait de visionner une vidéo de Soral.

Chaque mois, le public de Soral venait abolir par la magie cathartique du net le poids de ses frustrations psychologiques, économiques et politiques. Voir cet homme, ce paria des puissants, ce dissident auto-proclamé vomir sur ses ennemis, les insulter et les défier avec l'élégance d'un boxeur, a conféré à ce public de longs moments de liberté. Le processus d'identification, pour une population souvent marginalisée, diabolisée et en proie au ressentiment, était à l'oeuvre.

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Injures racistes et menaces : un mannequin porte plainte contre Soral

Article pardu dans Streetpress.com


Le 16 novembre en fin d’après-midi, Binti, une jeune femme de 33 ans au corps élancé, se présente au commissariat de Strasbourg. La top modèle et chanteuse noire vient pour déposer plainte contre Alain Soral et deux de ses proches. Un document que StreetPress a pu consulter. Les accusations courent sur plusieurs pages et sont lourdes :

« Injures à caractère racial, violation des données informatiques et menaces »

Binti / Soral En cause notamment, des textos que le leader d’Egalité et Réconciliation aurait envoyés à la jeune femme après qu’elle l’a éconduit :
« Les blacks classes veulent des blanches (Dieudo) » – « Les blancs prennent les blacks pour des putes (ce qu’elles sont le plus souvent). » – « Finalement il ne te reste de sûr que les juifs et les pédés ! » – « Les pédés comme amis pour t’écouter chialer que ton destin c’est d’être une pute à juifs… »

Ou des mails :

« Dans 10 ans ton corps sera tout sec, et avec ton gros pif sémite, tu ressembleras à un vieux chef indien ! Sur le marché du travail tu ne vaudras plus rien… »

La rencontre

Mars 2014 – la modèle réside à Los Angeles, d’où elle a découvert les vidéos de Dieudonné :

« Je le trouvais très chaleureux, comme un tonton. Et de voir quelqu’un, rejeté par tout le monde, qui se battait pour défendre les noirs, ça m’a touchée. Progressivement, je me suis intéressée à toute cette mouvance, et j’ai eu envie d’aider. »

Sa contribution est modeste, elle envoie via les réseaux sociaux des liens vers des articles de presse à Egalité et Réconciliation. Le 2 mars à 00h46 exactement, elle reçoit une réponse. « C’était Alain Soral lui-même. J’étais flattée », se souvient-elle. Sauf que ce n’est pas vraiment son soutien à la cause qui retient l’attention du leader d’E&R :

« Il me demande si c’était bien moi sur la photo. »

Mannequin et chanteuse

Binti  Binti est modèle, installée aux Etats-Unis, pour poursuivre une carrière débutée en France. Découverte lors d’un « casting sauvage » à Paris, elle pose pour la couverture du Monde 2, le supplément magazine du quotidien du soir. Le début d’une belle carrière et de nombreuses apparitions dans les plus grands titres, de Elle à Glamour en passant par Entrevue. Elle collabore un temps avec Karl Lagerfeld. Une carrière qu’elle met finalement en stand by, dans l’espoir d’aboutir un projet musical qu’elle travaille depuis plusieurs années, avec un mélange d’électro et de chanson française.

Un parcours qu’Alain Soral juge « chic », se souvient Binti. « Au début, il était vraiment charmant, raconte-t-elle à StreetPress. Longtemps nous nous sommes vouvoyés. » Après quelques mails, ils échangent sur Skype. De longues conversations quasi quotidiennes. « Je lui ai raconté toute ma vie. Il écoutait. » Et progressivement la relation évolue en flirt. Il lui demande des photos intimes, qu’elle envoie. « Des photos d’art pris par des photographes professionnels et des selfies où je faisais attention à ne pas montrer mon visage », precise Binti. Ils parlent de se rencontrer, sans jamais que ça n’aboutisse. Elle lui fait aussi part de ses rêves de musique et Alain Soral se propose de la mettre en relation avec son ami Mathias Cardet, l’un des fondateurs du label Bras d’Honneur, dont StreetPress vous avait parlé ici :

« Mathias était intéressé par ma musique, il voulait me signer. Moi j’étais contente. J’allais pouvoir rentrer en France pour lancer ma carrière. Mais du jour au lendemain, je n’ai plus eu de nouvelles. »

Joint par StreetPress, Cardet confirme :

« J’aimais bien sa musique, mais quand j’ai découvert que c’était la meuf de Soral, j’ai complètement lâché l’affaire. »

Un coup au moral pour la jeune femme. Sa relation avec Alain Soral, connaît également des hauts et des bas. « On se disputait, parfois à cause de ce qu’il publiait sur Egalité & Réconciliation. Je n’aimais pas qu’il tienne des propos racistes sur Taubira. » Ils se rabibochent, « mais ce n’était plus comme avant ». Elle le trouve trop pressant, obsédé par son physique :

« Il me demandait tout le temps si j’avais grossi. Il voulait tout le temps des photos de moi sous tous les angles. »

Insultes racistes

Finalement la jeune femme décide « de rester amis ». Mais la pilule passe mal, raconte Binti :

« J’attends d’un homme qu’il soit gentleman. Je lui ai dit que mes amis hommes en général sont gays et qu’il serait mon premier ami proche hétéro ! »

« C’est là qu’il a craqué, affirme la jeune femme. Il n’a pas supporté d’être associé à des gays. » Lui, déclare par sms « Ce soir je pense que c’est le moment de te remettre à ta place. » Les insultes pleuvent : « Ton destin est d’être un fantasme à vieux blanc juif pervers… », « Tu as un gros nez d’homme ». La traitant de « Black à pédé ».

StreetPress a pu consulter de longs échanges de SMS et mails, parfois menaçants :

« Je garde tes photos sous le coude au cas où je trouverais que tu te la racontes un peu trop… »

NDA, autre mail : « Désolé d’être si brutal Binti “fille du soleil” (et de ma concierge), mais ton arrogance nécessitait cette remise à ta juste et toute petite place : la place de la potiche qui suce et qui la ferme avant de finir en cuisine ».

En réponse elle le traite de « porc gras, la version ratée de DSK » et autres amabilités. Sur Facebook, Alain Soral se défend (link is external) : il accuse Binti d’avoir la première lancé des insultes. En l’espace de 24 heures, il publie 6 posts sur le sujet, et dénonce notamment « une manipulation crapulo-sioniste ». StreetPress a essayé de contacter Alain Soral. Nos demandes sont restées sans réponses.

Menaces

L’affaire dépasse progressivement la sphère intime. Le 16 août, elle reçoit aussi un mail anonyme de menaces que StreetPress reproduit ici :

Son calvaire ne s’arrête pas là :

« Mon téléphone a été hacké et tout son contenu effacé. Ils voulaient sans doute faire disparaître les preuves, mais j’avais fait une copie de presque tout. »

Dans la nuit de lundi 17 novembre, une page Facebook parodiant son nom publie les photos dénudées de Binti (notamment les selfies dénudés envoyés à Alain Soral pendant leur relation), les parties intimes couvertes par… un ananas ! Sans doute en représailles à la diffusion par le paparazzi Elfassi d’un selfie d’Alain Soral nu dans sa salle de bain. La jeune fille assure ne jamais avoir transmis cette photo à Jean-Claude Elfassi. « J’ai même envoyé un mail à toutes les personnes qui avaient eu cette photo, leur demandant de ne pas la diffuser. Je ne voulais être instrumentalisée par personne », insiste-t-elle.

Au moment de sa plainte, Binti s’était rendue au commissariat accompagné d’un collègue. Elle a depuis fait appel à un avocat, pour la suite des poursuites judiciaires.


Interview complète de Binti Jua sur Alains Soral (45 mn) - par Systémique Belgique (11/2014) :



Voir aussi :
Soral change d'avis comme de slip après l'affaire Binti :



Soral à nu : gauche du tapin, droite des violeurs

Article paru dans Quartierslibres.wordpress.com

Alain, comme on sait qu’il t’arrive de nous lire, on va te parler directement. Depuis des années tu en fais des caisses dans le registre de l’honorabilité et de la réconciliation sur « les valeurs ». En bon fils de pub, tu as travaillé ton image et ton discours pour te travestir en chevalier de l’ordre et de la morale combattant les dérives d’une société que tu présentes comme décadente parce que pourrie par les « juifs » corrupteurs et leur adoration du pognon. Aujourd’hui, n’importe quelle personne un peu lucide peut s’apercevoir que derrière cette façade on trouve tout autre chose. Quand tu as envoyé tes textos racistes à une jeune femme noire qui a refusé tes avances, tu as montré qui tu étais vraiment. En exprimant ce que tu penses des femmes noires, tu montres que tu n’es qu’un riche blanc décadent. Un fils de notaire qui veut profiter de sa situation.

Pour toi les femmes sont des marchandises, et le simple fait de refuser d’être un trophée mérite les pires insultes.
Tu fais ce que tu veux dans ta salle de bain, mais quand tu te prends en photo nu et que tu l’envoies à une personne qui a refusé tes avances ce n’est plus de la vie privée. C’est du harcèlement.

Tu t’es juste imaginé tout puissant devant une jeune femme noire : pas mieux qu’un DSK ou un Sarkozy. Tu es comme eux. Mêmes moyens de défense. Coups de pression par des sbires, négociation, puis tribunal. Et tu nous causes d’être antisystème. Tu ressembles à un télévangéliste qui se serait fait gauler dans une affaire de mœoeurs. C’est de la faute des autres : de la femme tentatrice, des juifs, des noirs, « on n’est pas en république islamique » : voilà ce que tu nous sors pour tenter de nous faire oublier qui tu es et ce que tu fais.

Ta ligne de défense suinte le racisme. Quand tes fans viennent te questionner sur les « valeurs » que tu défends, tu réponds qu’on n’est pas « dans un état islamique ». Tu as vendu la réconciliation nationale en priorité aux musulmans, mais au moindre questionnement sur le fait que tu te photographies nu devant un miroir tu cognes sur l’Islam. Dis toi bien, Alain, que même le tak-tak le plus atteint ne peut pas défendre une telle ligne de conduite. Tu t’’es pris en photo à poil devant un miroir et tu as diffusé le cliché : tu es pathétique.

Tu expliques aussi que la France c’est le pays de l’amour. De quel amour tu causes ? Y en a pas plus dans tes textos que dans ton autoportrait. L’amour ce n’est pas d’imposer sa volonté aux gens, tu confonds avec le viol.
En un sens tu as raison, si c’est ça ta conception de l’amour, ta France (qui colonise, exploite et tue) elle nous viole depuis un paquet de temps. Pour le coup cette France des colonies, des violences policières, elle n’est pas juive elle est comme toi, bourgeoise et blanche. C’est pas les feujs qui t’ont pris en photo et t’ont incité à insulter les femmes, les noir.e.s et les musulman.e.s.

Ton insulte elle n’est pas simplement adressée à une personne, mais à l’’ensemble des classes populaires. Quand tu écris que les « les hommes blancs voient les femmes noires comme des putes (ce qu’elles sont souvent)», tu insultes les nôtres. C’est nos familles que tu méprises. La vulgarité de ta photo à poil et le sentiment d’impunité qui va avec, c’est à nous toutes et tous que tu l’’as envoyée. Pour toi, homme blanc de bonne famille, nous ne sommes que des corps, des marchandises, une force de travail soumise aux intérêts de la France blanche et chrétienne. Toi, tu es un prédateur mais qui n’assume pas et qui veut se donner le beau rôle. C’est toujours la faute des Américains et des sionistes.
Il faut que tu nous expliques : si on lit tes écrits, se prendre en photo à poil, c’est un truc de pervers ricain ou de juif détraqué. Puisque tu reconnais avoir pris le cliché toi-même, alors question : t’es américanisé, t’es un « sioniste » ? C’est quoi la théorie de ton prochain bouquin : « comprendre la photographie » ? Tu vas nous sortir que les juifs se sont emparés de ton cerveau via un programme secret ?

Ta seule ligne de défense c’est d’insister sur le cliché et de faire oublier les insultes et les menaces qui allaient avec. Parce que si la nudité peut mettre mal à l’aise un bon paquet d’entre nous (y a pas besoin d’être « du nord » pour être pudique), elle te sert à faire tourner les débats autour de ce que fait ta bite et à occulter ton action politique. C’’est pas assez gros comme procédé pour que ça passe (chez toi et Goebbels, la taille du mensonge compte), c’’est donc sur la politique que nous allons revenir car c’’est sur ce terrain que nous te combattons.

Tu as commencé à avoir du succès dans « C’est mon choix » et tu te défends aujourd’hui comme un « ange de la téléréalité ». Narcissique, pervers et pathétique. En fait d’établir une critique du système en place, tu en as reproduit et mis en scène les travers. La moisissure n’est pas une solution mais un symptôme. Finie la comédie du combat noble, il n’y a pas de courage chez toi mais que de la hagra envers tout ce que tu estimes inférieur à toi. Toi qui répétais à longueur de vidéo que si Jésus revenait sur terre il serait assis à ta droite, tu jettes aujourd’hui la première pierre à une femme que tu présentes comme une Marie-Madeleine africaine. Pudeur du nord, culture hélleno-chrétienne, valeurs chrétiennes : de merveilleux slogans destinés à faire croire qu’on pourrait se blanchir de ses tares en adhérant à ton baratin.

Alain, elle est belle la chasse aux pédophiles et aux homosexuels décadents. Il est beau ton front de la foi face à Satan et la religion du fric. C’est qui l’adepte de Mammon ?
T’es nu comme un ver et tu attires l’attention sur ta petite carcasse pour qu’on oublie à quel point tu vends le contraire de ce que tu es et de ce que tu fais. Ton entreprise de divertissement prend l’eau depuis un moment, t’exposer sous la ligne de flottaison a donné le coup de grâce. Tes associés que tu malmènes depuis le début de votre relation commerciale vont s’en donner à cœur joie.

Il y a eu un paquet de comédiens, de mythomanes, de charlatans et d’escrocs qui se sont agrégés autour de toi. Tu as été le roi de tous ces idiots aux bals des quenelles.

Pour te citer quand tu parles de Poutine face à Elkabach: « L’aryen servi par le sémite c’est dans l’ordre des choses ». Dans ta galaxie ça a donné ça : Cardet et Seba récitent tes âneries pour ton bon plaisir. Farida Belghoul et Abdelali Baghezza (Albert Ali) ont joué les musulmans patriotes défilant derrière la bannière de Jeanne d’Arc. Salim Laïbi a roulé pour toi en dénonçant l’immoralité du monde moderne tout en sachant qui tu étais. Une belle brochette d’hypocrites, Dieudonné en tête. Sans compter les mercenaires payés pour faire masse dans les apparitions publiques ou mettre la pression en coulisses. Dans les rapports de domination que tu n’as eu de cesse d’affirmer, tu t’es toujours placé de manière hautaine au dessus de tes partenaires. Parce que noirs, arabes et/ou femmes. Comme tu le disais « si Dieudonné a compris des choses c’est parce qu’il a un côté blanc ».

On a capté depuis un moment qu’’avec toi les noir.e.s et les arabes c’est en cuisine, pour le ménage ou pour les combats en première ligne.

Alain, on t’a annoncé la tempête, voici le naufrage.

Tant que l’oseille te parfumait, tes partenaires te prenaient dans leurs bras et vantaient ton hygiène de vie. Maintenant que l’’oseille se raréfie, on va voir s’ils te soutiennent et qui va balancer les dossiers sur qui. Vu comment tu te comportes, on imagine l’ambiance qui règne dans ta cour.

Tu as joué avec le feu de nos quartiers. Comme Dassault, un autre vieux blanc bourgeois. C’’est de l’’essence que tu as dans les mains. Comme Dassault, ton oseille distribuée à des mauvais garçons t’explose au nez.
Tu viens de t’en rendre compte avec Jo Dalton, c’’est rien comparé à ce qui va suivre. Les mauvais garçons qui sont venus bouffer à ton râtelier et qui étaient ta caution « quartiers populaires » vont te dévorer tout cru toi et ta bande de petits blancs.
Chez vous comme dans la classe dominante dont vous défendez les privilèges il n’y a pas de solidarité, il n’y a que des intérêts communs. Si l’’un de vous est en danger ou à terre : c’est la curée. Et comme tu n’as « pas d’amis mais que des associés », tes amis de façade et des coulisses vont se retourner contre toi.
Certains comme le Libre Penseur t’’attaquent déjà en public, feignant l’ignorance de comment tu fonctionnes afin d’arracher des parts de marché de ton règne finissant. Tout ton petit monde va se tirer dans les pattes et s’avilir en expliquant à quel point c’est de la faute des « sionistes ». On verra à la fin de ce numéro de claquettes combien il te reste de fidèles et qui ils sont vraiment.

Alain, dans le monde de nos quartiers populaires, qui peut trouver excusable ou compréhensible ta vision des femmes noires et tes méthodes ? Même Kemi Seba te lâche après tout ce que tu as fait pour lui. Quel ingrat!!! Il ne te reste plus qu’’à sortir les affaires de mœoeurs le concernant pour l’’entraîner dans ta chute ou le faire revenir à tes cotés. Quid de tes autres créatures ? Combien de temps Cardet, dont tu as fabriqué la street credibility pour quelques dizaines de milliers d’euros, va-t-il te seconder encore ? Quand on voit les ronds de jambe qu’il fait à ceux des nôtres qui sont restés fidèles à leur engagement de quartier pour se dissocier de toi… Nous doutons fort que Mathias veuille mourir pour toi, contrairement à ce qu’’il annonçait dans un intérieur lounge et cosy entre deux émissions de Gulli. Qu’’est ce que tu espères ? Que tes hommes de mains vont te rester fidèle ? La fidélité stipendiée à ses limites. En coulisses, ils sont nombreux à attendre le moment propice pour s’arracher avec la caisse. Nous, on va juste regarder le spectacle.

Le fric, c’est ce qui vous a fait tenir et c’’est ce qui va vous achever. Vous en avez gagné un paquet en racontant des balivernes, mais aussi parce que des gens ont misé sur vous. Ces gens-là, il n’est pas dit qu’ils veuillent sauver le soldat Soral. Tu as joué ton rôle durant dix ans, et il est aujourd’’hui indéfendable aux yeux du grand public. Défendre la famille et les valeurs de la France comme le fait le FN avec un vieux pervers de 55 piges comme allié c’est embarrassant. Nous ne sommes pas sûrs que Chatillon et Loustau viennent protéger tes arrières comme a Sciences-Po lors de tes premiers sketchs.

C’est marée basse. On va voir comment ton panier de crabes va te bouffer. C’’est la seule fois de ta vie ou tu nous auras fait plaisir. Sans argent tu n’es pas grand chose. Tu es un fils de notable qui a cherché à briller sur le devant de la scène. Autant on peut pardonner à celles et ceux d’entre nous qui tentent de se sortir de la précarité par des moyens alambiqués, autant on ne peut pas faire preuve de tolérance pour un gosse de riche comme toi qui clame avoir été élevé dans les valeurs chrétiennes (au lycée Stanislas).

« Ôte l’or de Soral il reste le sale. Il parle trop, il parle mal »:

Pour celles et ceux qui nous trouvent sévères à ton égard, on tient à rappeler que la croisade moralisatrice contre les élites pédophiles et dégénérées c’est ton argument de vente n°1 à toi et tes collaborateurs. Et clairement, il n’’y a pas un échantillon de morale dans ton magasin ni dans ceux de tes collègues.
Tu n’as orchestré qu’une opération de communication en libérant la parole raciste. Tu as feint d’être impliqué dans un combat total envers « les sionistes », dans ta bouche cela veut dire « les juifs » parce qu’ils seraient les responsables de tous les maux du monde. Dans les faits, ta clique et toi vous êtes les alliés objectifs des pires sionistes. Tu pourras toujours te barrer en Israël dans le pays rêvé de ton partenaire en affaires Piero San Giorgio dont tu comprends le nationalisme. Ton soutien au peuple palestinien c’est du vent et de la mise en scène.
Quand ça a cogné face aux représentants de la droite dure israélienne, tu n’as jamais été là. Contrairement à l’extrême gauche et aux antifas que tu assimiles au sionisme, qui eux ont toujours été au carton. Il existe des preuves des affrontements entre antifas et LDJ tout autant que celles des négociations entre nationalistes français et israéliens. Ton travail a aussi été celui de travestir cette réalité.

Pour conclure, Alain on te connaît, on n’’est pas idiot.e.s, ce n’est pas un hasard si c’est Jean Claude Elfassi qui assure ton contre-feu médiatique. Ton meilleur ennemi publie le cliché compromettant et cela te permet de bêler au complot juif contre ta petite personne. Elfassi et JSS news ont régulièrement sorti des infos sur ta mouvance, et les fuites venaient toujours de ton côté, notamment concernant tes histoires de fric avec Dieudonné. Tu te sers de ton prétendu ennemi pour régler tes comptes en interne. Parce que ton ennemi est utile à ta cause : gagner du fric. Tu lui es d’un grand secours parce que ton discours antisémite et nationaliste permet au CRIF de nous salir en bloc. Les uns comme les autres vous êtes des vendeurs de parapluies. Vous avez besoin de la pluie pour exister, quand y en n’a pas vous crachez sur les gens.


Alain, tu n’as pas fait d’éducation populaire, tu as fait du fric en faisant croire à des gens qui souffrent que trois rabbins étaient responsables de toutes les horreurs commises en ce bas monde. Tu l’as fait de manière arrogante et spectaculaire. Tout n’était qu’apparence.
Il n’y aura pas de réconciliation avec un type comme toi. Tu as fait du mal. Tu as pourri des gens avec ta bouche et ton argent. Il te faudra assumer. On sait à quel point l’écart est grand entre ce que tu as raconté à ton auditoire et ce que tu es vraiment. Ton mépris, tes mensonges, ton racisme te reviennent en pleine figure : étouffe-toi avec. Si jamais tu t’en remets, nous serons là. À tous tes soldats et mercenaires, aux derniers défenseurs de ton bunker convaincus – ou pas – que « les femmes noires sont le plus généralement des putes », il n’y a que les montagnes qui ne se croisent pas. Si vous ne voulez pas tomber pour un pervers, suivez le conseil d’’un des fondateurs d’’ER : Fuyez !!!!