La rhétorique « anti-sioniste » de Soral / Dieudonné au service d'un discours obsessionnel anti-Juif (8 articles)


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Dieudonné M'bala M'bala : ressentiment racial et inculture politique

Un certain nombre de gens continuent de penser que Dieudonné est un humoriste « anti-système » qui méprise le « politiquement correct » et s'en prend aux vraies injustices et que s’il se moque, entre autres, de la Shoah, c’est plus par provocation légitime (...) que par détestation des Juifs.
Sauf qu’à le lire, on voit qu’il multiplie depuis 14 ans, de violentes déclarations antijuives et de négationnisme de l'holocauste (voir plus bas *).
Si ce n’est pas de l’antisémitisme, c’est bien imité !


Alors, antisémite ou antisioniste, Dieudonné ?

L’antisionisme consiste à s’opposer à la politique territoriale de l’Etat d’Israël, voire à son existence même. Pour les gens de cette opinion, « sionistes » est parfois synonyme « d’Israéliens » même si la majorité d’entre eux ne se considèrent pas comme antisémites.
Dieudonné a brièvement (2003-2004) fait partie de cette mouvance : il a été candidat en juin 2004 aux élections européennes sur la liste « Euro-Palestine » du CAPJPO (« Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient ») avant de s’en écarter.

Depuis, la défense de la Palestine est devenu le cadet de ses soucis et Dieudonné ne l’évoque presque jamais dans ses spectacles.
Plusieurs organisations antisionistes, dont le même CAPJPO, ont d’ailleurs rejeté avec violence ses alliances et ses prises de position (voir plus bas).

S’il utilise toujours le vocable « sioniste », c’est comme synonyme de « Juif » à seule fin de pouvoir tenir des propos qui le mèneraient en justice sinon. Ce qui ne l’a pas empêché d’être condamné pas moins de 6 fois pour « racisme » ou « incitation à la haine raciale ». Car Dieudonné, l'anti-raciste pro-palestinien a libéré dès 2002 un discours objectivement antisémite et négationniste. (*)
Etait-ce une tentative de contrer le discours décomplexé de l'anti-islam après le 11 septembre 2001 ? Pour continuer de bénéficier d'une aura "anti-raciste" en nouvelle version, auprès d'un public musulman austracisé, sensible à la cause palestinienne.
L'ennemi n'était plus le blanc gras et beauf votant Front National mais le Juif fourbe et profiteur, usurpant le "statut de victime" aux Noirs autant que les territoires occupés aux Arabes.

La naissance de ce discours biaisé pourrait également s'expliquer par le fort sentiment d'injustice que ce dernier dit avoir vécu lors du refus d'une aide à l'écriture pour son projet de film mémoriel sur l'esclavage, par le Centre National de la Cinématographie en 2000.
S'est-il alors senti légitime dans la comparaison de la souffrance de ces deux tragédies humaines : l'esclavage vs l'holocauste ?

Notons que l'esclavage, s'il est bien évidemment digne de commémoration, a parcouru les siècles et les peuples et fut aboli au XIXè siècle.
Or, précisémment pour Dieudonné, l'esclavage des Noirs, c'était les juifs !
Que les Juifs aient possédé nettement moins d’esclaves que les non-Juifs dans les territoires britanniques d’Amérique du Nord et des Caraïbes, Dieudonné est sur ce point monomaniaque, son ressentiment délirant semble abolir son raisonnement. Il affirme donc, dans la presse et dans ses spectacles, que les Juifs sont des "négriers reconvertis dans la banque".


Voir l'extrait de l'émission de Thierry Ardisson "Tout le Monde en Parle" du 11/12/2004 :

Pour lui, tout s'explique grâce à cet axiome provocateur, même s'il a du mal à l'assumer en public : les Juifs sont les fausses victimes et les vrais coupables de l'histoire. Les vraies victimes étant les Noirs, qui se sont fait voler ce statut par les Juifs, qui eux même avaient réduits les Noirs en esclavage (ce qui pour tout historien est parfaitement faux).
Pire, si les Juifs n'ont pas le droit de se considérer, 70 ans après l'holocauste, victimes du plus grand et cruel génocide de l'histoire,

Ainsi, pour Dieudonné, toute commémoration du génocide Juif participe de ce qu'il appelle la « pornographie mémorielle » et s'inscrit dans un projet de « victimisation éternelle » destiné à s'approprier la souffrance de l'histoire au détriment de tragédies bien réelles telles que l'esclavage et la colonisation, et ce dans le but de manipuler le monde par le biais d'un mensonge historique que Dieudonné entend dénoncer.

Que faudra-t-il de plus pour être qualifié raisonnablement d'antisémite et de négationniste ?



En 2003 il commettait ce sketch très approximatif du colon Juif extrêmiste se revendiquant de l'axe américano-sioniste. En fin de sketch, Dieudonné fit le salut nazi en criant "Heil Israël".
La presse lui tombe dessus, il est écarté des plateaux de TV.

C'est alors à cette époque que son antisémitisme abonde dans ses spectacles et ses web-vidéos sur internet.

Extrait d'un spectacle de Dieudonné
(les chambres à gaz justifiées par la médiocrité artistique de Patrick Bruel) :

On entend, dans la vidéo ci-dessus, un public jeune rire de bon coeur de ses allusions aux chambres à gaz. Ce public n'est semble-t-il pas concerné par cette souffrance, car il n'a évidemment pas connu et leurs parents ni leurs grands-parents non plus, peut-être, les années 1940. Cette histoire est pour eux une vérité trop respectable et qui ne les concerne pas, et dont il faut mieux rire pour en dénoncer ce qu'ils croient être une légende insoutenable.

Dieudonné met en scène son fils pour véhiculer sa pensée négationniste
(le Père Noël n'existe pas, les chambres à gaz n'ont plus) :


Dieudonné continuera ainsi d'alterner entre les sous-entendus moisis et les vannes trash, pour véhiculer, dans un faux humour, malsain et frelaté, un ressentiment très sérieux. La haine du Juif. Fatalement transgressive mais selon lui légitime, compte tenu de ses propres croyances erronnées !... Cette légitimité de l'Homme Noir blessé venant justifier le ressentiment communautaire, qu'il s'était pourtant jusqu'alors interdit (quand il était "anti-raciste).
Pour s'en défendre, Dieudonné vous dira qu'il est pour moitié Blanc, ce qui est vrai.

Ainsi, Dieudonné le métis veut dorénavent représenter les descendants d'esclaves et de colonisés contre les Juifs oppresseurs (sic !)
Dans le montage ci-dessous, l'affabulation totale de Dieudonné au sujet de la supériorité sociale des Juifs aux Etats-Unis est démontrée :


C'est dans la même culture lacunaire et dans le même état d'esprit délirant qu'il invite le négationnsite Robert Faurisson sur scène pour lui remettre le "prix de l'infréquentabilité". En bonus de son DVD, il fera aussi une fausse interview négationniste avec Faurisson, déguisé en Juif. Il appelera cela hypocritement de la provocation humoristique, ce double discours lui permettant d'exprimer son idéologie tout en se protégeant de la justice.

Revenons à l'après 11 septembre 2001. Le discours anti-islam s'étant largement libéré, il n'y avait quasiment plus de précaution à prendre sur les plateaux TV envers les communautés musulmanes issues des anciennes colonies Françaises. Ce fut même, internationalement, la décomplexion du discours de rejet des valeurs étrangères à la culture occidentale.
L'anti-racisme institutionnel que Dieudonné représentait en tant que personnage public en prit, de fait, symboliquement un coup.

A cette époque, la communauté dite "de souche", la communauté Blanche non musulmane, habituellement victimisée pour un racisme séculaire, opéra une sorte de resserement identitaire. On l'observa par la présence au premier tour des élections présidentielles du candidat du Front National, Jean-Marie Le Pen en 2002. Ce fut également l'époque des mouvements tels que "Saucisson pinard"... tandis qu'Eric Zemmour devint le chroniqueur de prime time à la mode, qu'il est toujours aujourd'hui.
Etre réactionnaire n'était plus un crime honteux !
Parce que la fascisme devint vert, on eut, dès lors, le droit, sans être dorénavent taxé de fascisme, de refuser en France, les valeurs et les coutumes de la religion musulmane dès lors qu'elle s'opposait à l'identité, la culture et l'idéal communautaire "occidental" (la Charia, le voile...).

Comment Dieudonné l'anti-raciste pouvait-il exister dans ce nouveau paradigme social, où la déculpabilisation raciale et religieuse se généralisait ?

Comment pouvait-il être, désormais, entendu et vu alors que le politiquement correct de l'anti-islam succédait à celui de l'anti-racisme traditionnel ?
Comment faire entendre à la fois l'anti-racisme et la défense de la cause palestinienne dans un monde qui ne parlait alors plus que de "danger de l'islamisme" ?

Lui le fils d'un Camerounais et d'une Bretonne, allait-il se retourner contre les "Blancs" oppresseurs ?... La réponse est contenu dans la question.

C'est à cette époque qu'il rencontre le très dialectique Alain Soral, avec lequel il partage le goût du sous entendu finaud et de la provocation. Alain Soral raconte qu'il fit l'instruction politique de Dieudonné, en lui expliquant sans doute très doctement que l'holocauste des années 1940 et les attentats du 11 septembre 2001 étaient l'oeuvre d'une élite cachée, juive et "démoniaque", usant de manipulation et de mensonge pour parfaire un projet millénaire de soumission des peuples et de domination mondiale (!)...
Voilà comment Jean-Marie Le Pen, le résistant (selon Soral), devient le parrain de sa fille en 2008. Façon pour Dieudonné, le métis, de se dissocier de la culture anti-raciste "Noirs / Blancs". Ainsi, par provocation, il valida, dans sa vie personnelle la "dédiabolisation" du Front National, qu'il avait jusqu'alors combattu. Ceci lui servant à aller plus loin : cette amitié soudaine étant une déclaration publique de son adhésion idéologique au négationnisme de Jean-Marie Le Pen.
A l'étudier, on se rend compte que son antisémitisme va comme un gant à Dieudonné, qui comme Jean-Marie Le Pen est amateur de contrepieds médiatiques et maîtrise l'art de l'ambiguïté et des sous-entendus, sans lesquels ils seraient certainement déjà en prison pour "incitation à la haine raciale". Il aime ainsi gonfler et dégonfler des rumeurs, laisser entendre que, mais sans dire... Depuis le baptême de sa fille, à l'occasion duquel il n'a jamais été clair jusqu'à ses déclarations les plus récentes sur les chambres à gaz, sans oublier la décoration sur scène de Robert Faurisson « l'infréquentable »... on retrouve la même aigreur profonde et la même bouffonerie pathétique dans le non dit qui en dit long : les Juifs sont le mal et les chambre à gaz n'ont jamais existé.

Or, il est gratifiant pour Dieudonné le provocateur, dans cette époque focalisée sur le "danger de l'islamisme", d'insinuer petit à petit cet "antisémitisme politique" assumé et de le faire connaître publiquement. Comme s'il cherchait, tel un enfant pervers manquant, à repousser la limite de sa provocation pour continuer à exister en tant que rebelle de "l'ordre établi", et à être vu et admiré pour son "courage", fut-il suicidaire !
Car, pour Dieudonné, le fait d'être "Noir" lui donne une plus grande légitimité historique à son ressentiment racial.
Il n'est pas anodin, par exemple, que la chanson politico-comique « Shoah nanas » soit chantée sur l’air de la chanson des années 80 « Chaud ka ka o » d’Annie Cordy. Car trente ans après, Dieudonné juge ce tube montrant des lèvres épaisses et une danse en pagne terriblement raciste. Cette posture victimaire de l'homme Noir blessé, lui servant, comme toujours, à rendre légitime son antisémitisme.



En effet, Dieudonné semble dire : "comment pouvez-vous m'accuser d'être raciste, moi le descendant d'esclave ? Et m'interdire de critiquer les Juifs ? C'est bien la preuve qu'ils sont tout puissants, à cause d'un holocauste inventé par eux-même pour en faire des victimes intouchables, et faire ainsi oublier l'esclavage dont ils ont profité et manipuler le monde !", etc...

Du pur délire... On retrouve de telles erreurs de jugement, une telle myopie historique et une naïveté cruelle de "militantisme kamikaze" chez Alain Soral. Il y a aussi chez Dieudonné la même affirmation provocatrice de l'égol. Ce qui témoigne, là encore, d'une sorte de crise identitaire, justifiant de l'hypertrophie du moi, qui est souvent la compensation d'un sentiment de persécution (paranoïa) et d'infériorité.

Mais si certains se méfient de Soral et plébiscitent Dieudonné, alors que leur discours est le même, c'est que le premier est Blanc au crâne rasé mais que le second est Noir, barbu et drôle. Pourtant, leurs motivations et leur procédés sont les mêmes : réparation d'une humiliation personnelle, par l'usage brillant de l'art oratoire, au service de la "psychologie primaire des intentions" dans laquelle un ennemi caché usurpe des privilèges naturels des autres.
Base, peut-être de tout racisme et de tout fanatisme politique.

Depuis lors, sa vindicte anti-juive s'exprime à l'aune d'un narcissisme blessé et d'une volonté de provocation totalement suicidaire.
Car lui s'en moque. Son but étant de faire parler de lui et de gagner de l'argent. En 2014, une enquête pour blanchiment, abus de biens sociaux et organisation frauduleuse d'insolvabilité fait l'objet d'une perquisition, permettant de découvrir 650 000 euros et 15 000 dollars en liquide à son domicile. Dieudonné le comique libertaire, à la vocation publique prétenduement désintéressée, qui profite en fait de sa posture victimaire d'auteur maudit pour légitimer des appels aux dons sur internet pour le rachat de sa maison, saisie par le Fisc et qui alimente parallèlement la société de son fils au Cameroun à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros.... Ca sent la pingrerie de haute voltige ! Ou l'escroquerie pure et simple...
Voir cet article : 'Dieudonné, qui possède des biens en Eure-et-Loir, doit expliquer ses fortunes' - L'Echo Républicain - 17/10/214


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Dieudonné, Argent, Contradictions de l'anti-système...

Le marketing Dieudonné : je suis dehors, j'ai froid et je suis devant une cabane car le pouvoir veut saisir ma maison... Je brûle un billet de 5€ pour vous inciter à vous libérer de votre argent en m'en faisant don ! Enorme !


Parce qu'il a été rejeté des médias et parce que son dernier spectacle a été interdit, Dieudonné passe pour un vrai dissident anti-système, alors qu'il est aujourd'hui un business man cynique, qui diffuse une pensée antisémite et influence un public souvent jeune, en quête de vérité et de justice.

Nous verrons, plus bas, qu'il est devenu depuis quelques années un authentique prosélyte musulman, ouvertement antisémite, qui utilise la scène et Youtube pour déverser sa perversion idéologique. A moins qu'il s'agisse encore d'humour ?


L'affaire Dieudonné vue d'un quartier de Cergy
- histoire d'un ressentiment communautaire - Janvier 2014



(*) Dieudonné dans le texte :

2000 : le Centre national de la cinématographie (CNC) lui refuse une aide à l’écriture pour un projet de film sur l’esclavage. Dieudonné accuse alors les « sionistes du CNC » de « sacraliser l'holocauste juif mais de fermer les yeux sur la traite négrière »

29 janvier 2002 : « Le racisme a été inventé par Abraham. « Le peuple élu », c’est le début du racisme. Pour moi, les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. » (Lyon Capitale)

12 octobre 2002 : « Les juifs sont un peuple qui a bradé l’Holocauste, qui a vendu la souffrance et la mort pour monter un pays et gagner de l’argent (…) Maintenant, il suffit de relever sa manche pour montrer son numéro et avoir droit à la reconnaissance». (Blackmap.com)

1er décembre 2003 : Dieudonné fait scandale en se présentant dans une émission de l’animateur Marc-Olivier Fogiel déguisé en colon religieux israélien et en se comportant comme un nazi criant "Heil Israël".

8 janvier 2004 : « (L’animateur) Arthur fait partie d’« un lobby juif très puissant qui a la mainmise sur les médias. Sa société de production finance de manière très active l’armée israélienne. Cette armée qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens ». (Le Monde)

8 février 2004 : « Ce sont tous des négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd'hui l'action terroriste qui manifestent leur soutien à la politique d'Ariel Sharon. C'est Israël qui a financé l'apartheid et ses projets de solution finale » (Journal du Dimanche).

16 février 2005 : « L’antisémitisme, ça ne veut plus rien dire (...). C'est une vaste escroquerie (…) une manipulation. Je parle de pornographie mémorielle. Je pense que ça devient pornographique » (Conférence de presse à Alger)

26 décembre 2008 : Durant son spectacle, Dieudonné fait monter sur scène le négationniste Robert Faurisson et lui fait remettre un prix par un assistant déguisé en déporté avec une énorme étoile jaune.

4 juillet 2009 : « Le puissant lobby de youpins sionistes (…) est voleur, raciste et menteur » (Vidéo YouTube)

7 avril 2010 : « En France, l’Holocauste, qui est maintenant devenu quasiment une religion dominante, a même remplacé Jésus-Christ. Nous sommes obligés d'accepter ce dogme, et prions pour lui presque chaque nuit, et l'enseigner à nos enfants (…)

Les sionistes ont organisé toutes les guerres et tous les désordres sur cette planète. Ils ont été impliqués dans le commerce des esclaves. 90% des navires et la majorité des marchands d'esclaves étaient juifs » (Chaîne iranienne Press TV)

17 avril 2010 : « Les gros escrocs de la planète sont tous des juifs (…) Il faut être juif pour avoir la liberté d’expression en France (…) Ils nous ont tout fait, ils nous ont traîné dans la boue, ils nous ont mis à l’état d’esclaves, ils nous ont colonisé... la mort sera plus confortable que la soumission à ces chiens ». (Vidéo YouTube)

2 juin 2010 : « Il n’y a qu’en Algérie où je peux jouer parce que les autres pays africains sont sous contrôle du lobby juif » (Conférence de presse à Alger)

18 juillet 2010 : « Je me suis converti au judaïsme, J'ai rejoint la religion du profit (…) Quand tu entends Bernard Henri-Lévy, tu te dis que si, lui, il est philosophe, peut-être que les chambres à gaz n'ont pas existé » (Spectacle)

10 mars 2011 : « Le sionisme est un véritable danger pour la France (…) A cet égard, Strauss-Kahn et Sarkozy, c’est la même chose. Ce sont les numéro un et numéro deux du parti sioniste.

On a eu pendant la guerre l’occupation allemande ; aujourd’hui c’est l’occupation sioniste. Non seulement la guerre n’est pas terminée mais elle se durcit car l’occupant est pire que les précédents. » (Rivarol)

14 février 2013 : « Le projet de loi sur le mariage pour tous est un projet sioniste qui vise à diviser les gens ». (Conférence de presse à Alger)

19 mars 2013 : « J’ai dit à mon père qu’il aurait quand même pu mourir à Auschwitz, c’est plus classe et derrière y a les moyens de gratter un peu. » (Spectacle)

20 décembre 2013 : «Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire sa valise. Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen (journaliste à France Inter. NDLR), je me dis, tu vois, les chambres à gaz... dommage.» » (Spectacle)

Les organisations antisionistes contre Dieudonné

12 mai 2009 : « La Palestine ne saurait être un tremplin pour assouvir ses rancœurs et encore moins un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds (...) » (Capjpo-EuroPalestine)

7 mars 2013 : « Le personnage se présente comme héros de l’antisionisme. Il est alors utile de rappeler que le soutien et la solidarité avec le peuple palestinien reposent sur l’application de valeurs humanistes universelles telles que le droit, la justice, la solidarité et non sur la haine de l’autre » (Association France Palestine Solidarité)

Dieudonné le prosélyte musulman combattant le "sionisme" international...

article de Bernard Darmon sur son blog
[octobre 2012]

soral

Extrait du discours de Dieudonné lors de son entretien donné à une télévision iranienne :

« Il y a beaucoup de gens en France qui sont de tradition chrétienne. Ces gens-là doivent comprendre que Jésus était prophète de l’Islam. Il a annoncé la venue du messager Mohammed. Il l’a anticipé. Il est très important que les chrétiens arrivent naturellement dans l’Islam. C’est le chemin naturel de la révolution qui est en train de s’organiser. Les valeurs de l’Islam, c’est les valeurs du Christ ! Ce sont des valeurs de paix, de fraternité, d’universalité… Il n’y a que ce chemin-là qui nous conduira à l’unité. (…) La révolution iranienne est devenue un exemple dans le monde. (…) La liberté de penser et de conscience n’existent pas en Occident (…) Le sionisme, c’est le malin, le vice et le mensonge (…) Le sionisme, c’est la recherche de la manipulation et du mensonge. (…) C’est l’opposé des valeurs chrétiennes et de l’Islam (…) Il est important de rappeler les chrétiens à revenir dans ce grand mouvement de révolution. (…) Il n’y a pas plus bête, plus menteur, que le sionisme (…) Le sionisme vous écrase, vous domine et fait de vous un esclave (…) Je ris pour ne pas devenir cinglé dans ce pays (…) Un sioniste, c’est un tricheur par excellence. (…) L’heure est venue de s’unir contre le sionisme. Les musulmans doivent tendre la main aux chrétiens, et les chrétiens qui sont aujourd’hui perdus doivent rejoindre l’Islam, l’islam ouvert, cet islam moderne (celui de Khomeini) (…) et de se battre contre l’injustice. L’injustice a un nom : le sionisme ».


Il faut regarder ces vidéos pour comprendre Dieudonné, ce qu'il est, ce qu'il pense et ce qu'il veut.
Cela est tout à fait clair. Pour lui, le sionisme, qu'il confond avec le judaïsme, est une volonté de domination mondiale par la dissolution des valeurs spirituelles. C'est donc le mal absolu et total de toute société (mensonge, manipulation, etc). Et le bien est l'islam, auquel les chrétiens perdus devront se soumettre un jour contre le judaïsme et le sionisme.
Cela est exprimé si clairement et si posément que l'on peut enfin sortir de l'ambiguïté critique et pseudo humoristique de Dieudonné.
Dieudonné est un prosélyte de l'islam, et il exprime clairement une haine catégorique contre les Juifs.




Les propos de Dieudonné et Soral constituent les fondements d’une propagande abjecte qui sous couvert d’antisionisme, déverse la haine contre les Juifs et fabrique l’antisémitisme chez des jeunes musulmans, ou fraîchement convertis.

Définition de l’ennemi de l’Islam :
Dieudonné : « Les valeurs islamiques arrivent partout dans le monde et c’est pour ça que le sionisme développe une communication islamophobe aujourd’hui. C’est-à-dire qu’il faut regarder la télévision et écouter les discours politiques, l’ennemi premier de la démocratie, de la liberté pour le sionisme, c’est l’Islam.»
Le seul ennemi de l’Islam est le Sionisme. Le jeune arabe au chômage dans sa banlieue comprend mieux grâce à Dieudonné pourquoi il est rejeté lors d’un entretien d’embauche, pourquoi il est arrêté par la police. Ce sentiment d’une islamophobie autour de lui, c’est à cause du Sionisme. Un mot jeté à l’anathème et qui à lui seul résumerait et inclurait tous les maux de nos cités. C’est le Sionisme qui fabrique l’islamophobie.
La première étape est de stigmatiser « le Sionisme ». On ne comprend pas bien ce qu’est le sionisme, mais le décor est planté.

Définition du Sionisme :
Dieudonné : « C’est pour ça que beaucoup de gens, beaucoup de chrétiens aujourd’hui sont, alors que le sionisme a tué le Christ. C’est le sionisme qui prétendait que Jésus était le fils d’une putain. C’était comme ça, c’est comme ça qu’est définie Marie. Alors que dans l’Islam il ya un respect, non seulement un respect, mais Jésus annonce la venue du prophète, enfin la venue du messager. »

Si ce sont les « Sionistes » (mouvement créé au XIXème siècle par Herzl) qui ont tué Jésus il y a 2000 ans, c’est que pour l’antisémite Dieudonné, les « Sionistes » sont simplement « les Juifs ».
Le mensonge de ce barbare abject au sujet d’injures sur Marie est édifiant de sa volonté de salir et stigmatiser le judaïsme dans son ensemble.
En deux phrases accusatrices Dieudonné donne sa définition du Sioniste : C’est donc le Juif errant et apatride, ce sale Juif misérable descendant des assassins de Jésus. Le Youpin qui était remis à la vindicte populaire à chaque crise. Celui qu’on frappait, celui qu’on pillait, ce pouilleux qu’il fallait désinfecter dans les chambres à gaz. Derrière l’utilisation du mot « Sioniste » par Dieudonné se trouve le « Juif » défini par Hitler dans Mein Kampf. « Monsieur Dieudonné » n’a rien inventé, il reprend en tout point la dialectique nazie.

Déchéance de la chrétienté et de la civilisation occidentale, et glorification de l’Islam:
Dieudonné : « C’est pour ça qu’il y a énormément de travail à faire. Pour convaincre aussi comme ça se passe au Liban, les chrétiens aujourd’hui d’arriver dans ce grand mouvement islamique qui est un mouvement universel. L’Islam n’est pas une frontière, l’Islam c’est la porte vers la Liberté. On l’a senti depuis ces dernières années, on est passé dans une phase de guerre médiatique ouverte contre le monde musulman. Et la volonté est de diviser évidement les chrétiens. Avant les chrétiens ont déjà été dépouillés de leur religion, on a…les églises se sont vidées, le sionisme partout où il arrive tente déjà d’enlever les valeurs morales du pays ; et puis ensuite l’Islam est arrivé, ce vent qui arrive et qui libère les populations. »

La logique d’une conversion à l’Islam se met en place. Le Sionisme (Juif) a vidé les églises, Il (le Juif) est à l’origine de la perte des valeurs morales, de la débauche. La seule solution est de se convertir à l’Islam.
Dieudonné apparaît comme un prédicateur islamiste antisémite définissant l’Islam comme l’issue pour rester digne. Le Liban est montré en exemple. On croit rêver quand on sait que les chrétiens d’Orient, comme les coptes, fuient cette région qui, bien avant l’Islam, fut le berceau de la chrétienté. Dans la suite de son sermon, Dieudonné racle les fonds de tiroir du bréviaire antisémite. Le Juif (sionisme) est décrit comme le Diable(Malin). Les Juifs (sionistes) sont présentés comme des lâches.

Appel au Djihad et au martyr :
La suite de l’entretien est affolante. L’ancien comique revêt des habits d’Ayatollah fanatique faisant l’apologie du martyr pour l’Islam (Chahid). De son propre aveu, il accepte de « tomber sous le sionisme ». Pour lui, la mort sera plus confortable que la soumission, et la condition d’esclave au Judaïsme (au sionisme).

Qui aurait pu penser que ce brave Dieudonné puisse un jour faire acte de contrition envers une idéologie nazie maquillée aux couleurs d’un islam meurtrier ?
Il ne s’agit plus de prosélytisme islamique et d’un simple appel à la conversion. C’est un véritable appel à la guerre sainte et à la mort en martyr. Guerre sainte contre ces Juifs (sionistes), qui ont tué Jésus, qui traitent Marie de Putain, qui vident les Eglises, qui ruinent nos pays, qui manipulent toutes les institutions françaises, et qui mènent la guerre (médiatique) contre l’Islam.
Qu’en est-il de ces milliers de jeunes chrétiens fraîchement convertis à l’Islam qui boivent ses paroles ?
Youssouf Fofana le tortionnaire d’Ilan Halimi écoutait-il Dieudonné ?
Mohamed Merah dans sa haine de la France et des Juifs avait-il succombé aux thèses de Dieudonné ?
Récemment interpellés, les jeunes convertis qui programmaient des attentats contre des cibles juives, n’étaient-ils pas des adeptes de l’Ayatollah Dieudonné ?

La fin de cet entretien reste dans la fiente du mensonge et de la calomnie.
Le journaliste : « Pourquoi les sionistes essaient tant de faire des crimes à travers le monde ? Quels sont leurs intérêts ?
Dieudonné: « Je pense que c’est profondément une science du mensonge, et une haine profonde de l’Humanité.. »
Le journaliste : « Mais pourquoi ? »
Dieudonné : « Je ne sais pas, il me semble que c’est une épreuve qui est envoyée à l’Humanité, une épreuve que nous allons dépasser, que nous survivrons au Sionisme. Mais c’est une épreuve, parce que le Sionisme (le judaïsme) joue sur nos instincts les plus bas, les plus faciles etc. »

Les centaines de milliers de musulmans morts lors de la guerre Iran-Irak, les dizaines de milliers de morts à la suite d’attentats perpétrés par des fanatiques islamistes au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, aux USA, et ailleurs, les milliers de chrétiens massacrés en Egypte, au Nigéria, au Liban, au Mali, au Soudan, les centaines de milliers de morts musulmans de la guerre civile en Algérie, les dizaines de milliers de morts musulmans en Syrie. Toutes ces victimes de la barbarie islamiste radicale sont piétinées et assassinées une nouvelle fois par Dieudonné le néo-nazi qui appelle explicitement à la guerre contre les sionistes (Juifs).


Alain Soral, gourou originel de Dieudonné

article d'Yves CREANGE sur son blog
[7 janvier 2011]

Qui est Alain SORAL ? Alain Bonnet de Soral, de son nom d'auteur Alain Soral. Un intellectuel torturé ... Ancien du Front National qu'il quitte en 2009 nouveau membre dans la liste antisioniste de Yahia Gouasmi, Président du parti du même nom.

Au coté de Dieudonné au sein de cette liste et lors de divers opérations médiatiques, dont la dernière en date "La cérémonie des quenelle d'or", Alain SORAL est président du mouvement Égalité et Réconciliation.

(...)

Dans un
dernier entretien accordé début janvier 2011, Alain Soral nous livre sa vision de la situation des religions et de la prochaine grande guerre qui se prépare : Musulmans et Chrétiens devront être unis contre les Juifs. (...)

soral
Alain Soral dans le texte
:

- L'Europe et la France ont été dé-Christianisé par la Franc-Maçonnerie

L'Europe et la France a été dé-christianisé... or par qui a t-elle été dé-christianisé ? Pas par les musulmans. On s'est très bien par qui ... Une religion en a remplacé une autre, une religion en a exterminé une autre. La religion qui a exterminé le catholicisme, c'est la Franc-Maçonnerie.

La Franc-maçonnerie n'est évidemment pas une religion mais, cette sémantique n'est pas innocente, nous y reviendrons et il nous faut garder cet élément à l'esprit.
Il nous reste à comprendre ce qui se cache derrière la Franc-Maçonnerie, selon Alain Soral.

C'est la religion de la République

... Donc du pouvoir, mais c'est toujours pas très clair. Notez l'insistance sur l'idée de religion.

Ce n'est pas les musulmans qui ont exterminé les catholiques. Les seuls à ne jamais attaquer le pape et les catholiques, c'est les musulmans. Par contre les Maçons, systématiquement (...) ; les juifs j'en parle pas ; c'est pratiquement leur fond de commerce et surtout c'est dans leurs écritures (...) C'est le projet talmudique.

La contiguïté des Francs-Maçons et des juifs sur le même plan de phrase pourrait apparaitre ici à certains comme la preuve qu'Alain Soral les distingue. Il serait non seulement légitime de le penser mais tout indique également que ce serait le cas. Pourtant parfois, faire croire que l'on distingue c'est chercher à générer de la confusion, surtout si le contexte y est propice et c'est le cas ici. Non seulement il ne les distingue pas (ce sera un peu plus clair tout à l'heure), mais cette contiguïté ou cette proximité sur le même plan de phrase, loin d'être innocente ou de distinguer les deux catégories, va permettre de les inter-changer, de créer l'amalgame et qualifier la Franc-Maçonnerie de religion est une étape vers cette confusion ou cette amalgame.

A ce titre, il sera intéressant de lire son dernier livre sous forme d'Essai : Comprendre l'Empire. Demain la Gouvernance globale ou la révolte des nations. (J'y reviendrais donc ...)

L'idée selon laquelle la Franc-maçonnerie et le judaïsme serait intrinsèquement liée, n'est pas nouvelle dans les milieux d'extrêmes droite. Il s'agit d'un langage codé, dont l'équivalence peut s'écrire : Francs-Maçon = Juifs.

Les Francs-maçons auraient un pouvoir occulte et secret, et donc : Francs-Maçon = Pouvoir.
Est-il encore nécessaire d'expliquer comment l'inférence Juif = pouvoir s'opère dans l'esprit de certains.

Franc-Maçonnerie sur Wikipedia


(3:10) La religion maçonnique a détruit mes valeurs et mon monde.


Persistance de religion pour qualifier la maçonnerie. Après un long déroulé sur le pouvoir et l'absence de musulman au sein des élites et donc du pouvoir, Alain Soral se pose la question, peut-être nous la pose t'il aussi un peu :

(4:14) Qui a le pouvoir en France ? Est-ce qu'on a le courage de le dire ?

A la question d'Alain Soral, le National Radical, journal aux idées (... aux idées ...) y apporte une réponse.
Est-ce celle attendu par ce dernier ? Serait-ce un questionnaire à choix multiples ? J'aurais aimé entendre la réponse d'Alain.

Peut-être ne l'a t-il pas lu. Soit ...


En avril 2010, sur Sirat Alizza, Dieudonné déclarait :

Il faut être juif pour avoir la liberté d'expression en France, c'est tout ; c'est une réalité et dire le contraire, c'est avoir peur mais on n'a plus peur ; ils nous ont tout fait ; ils nous ont traîné dans la boue ; ils nous ont mis des tas d'esclaves (sic), ils nous ont colonisés ... qu'est-ce qu'on a peur de quoi, c'est ...fini. Maintenant de toute façon la mort sera plus confortable que la soumission à ces chiens ...


Les chiens, dont nous parle l'humoriste Dieudonné, ce sont les juifs, pas les sionistes qu'il prétend combattre, mais les juifs. Comme quoi en écoutant attentivement les propos pseudos antisionistes, on débusque assez rapidement la réalité du projet antisioniste, qui porte de plus en plus mal son nom.
On peut écrire sans se tromper ni risquer un procès en diffamation que pour Dieudonné, les juifs ont le pouvoir. Comment pourrait-il en être autrement ! Son discours n'aurait plus de sens sinon.

Mais ce n'est toujours pas Alain Soral qui le dit. Alors que dit Alain ?
(4:19) Les Francs-Maçons ont le pouvoir en France. C'est clair, on le sait. Il suffit de regarder le Diner du CRIF ; qui va s'y prosterner ; Et pis de voir, effectivement, les hiérarchies, et de voir qui est membre de quoi. (...) La communauté qui donne des ordres à tout le monde, c'est ... démontre sa puissance au Diner du CRIF
Nous en étions à nous poser la question : Qui a le pouvoir en France ?

Alain Soral nous parle de communauté, terme qui n'est pas neutre dans ce contexte ; quelle communauté ? Puissance du Diner du CRIF (2) à l'œuvre ...

La question quelle communauté, parait ne plus devoir se poser ... Le CRIF est l'organe représentatif ou se présentant comme tel, de la communauté juive en France.

Il est difficile de le dire plus clairement et nous avons également ici, la validation de notre équivalence : Francs-Maçons = Juifs. L'égalité pouvait apparaitre, plus haut dans le texte, pas si évidente, lorsqu'il s'agissait de dire qu'Alain Soral ne distinguait pas les deux éléments (Franc-Maçonnerie et juifs) mais nourrissait la confusion, il est à présent plus difficile de nier l'évidence, dans le propos de Soral.


A propos de la SHOAH ... et c'est maintenant qu'il faut repenser à l'usage du mot religion

(5:05) Est-ce que vous vous repentez sur la chougna et est-ce que vous croyez bien à la sainte chambre à gaz ?
Alain Soral veut faire ici la démonstration de la religion prédominante à la télévision et l'obligation d'adhérer à cette religion. Il prend pour exemple, une émission d'Arlette Chabot avec Marine Le Pen pour invitée. Pour comprendre le procédé par amalgame, induisant l'idée que le pouvoir, la religion, les juifs forment une seule et même idée, il faut bien écouter la suite du propos. Il fait allusion à la Shoah :
(5:10) C'est la première question qui est posée pour avoir même le droit d'exister. On n'a pas demandé à Marie Le Pen sur les 5 piliers de l'Islam ... ou même sur la trinité ...
L'amalgame assez habile, faire de la Shoah - qu'Alain Soral appelle chougna, mélange des mots "Chouiner" (on peut dire aussi chougner) et "Shoah" - le propre de la religion juive, partie intégrante de celle-ci. Ainsi la Shoah devient une spécificité juive et serait, comparable à un élément de la religion juive, comme les cinq piliers de l'Islam (un élément de la religion de l'Islam) ou comme la Trinité (un élément de la religion Chrétienne). Pour conforter cette dialectique du fait religieux lié à la Shoah, Soral parle de Saintes Chambres à Gaz pour déplacer le sujet du champs profane au champs sacré. Chacun a bien admis l'idée à présent, de la Shoah comme étant un élément de la religion juive.

Bien-sûr, ce procédé se met en place de manière inconsciente. On sait que le cerveau procède beaucoup par raccourci, des expériences l'ont démontré. La Shoah comme élément de la religion juive se fait par raccourci et celui qui écoute passivement l'interview de Soral ne se posera pas la question, il admettra l'énoncé comme une vérité et son écoute procèdera par catégorisation. Et dans ce cas, la catégorie/signifiant religion regroupe les éléments/signifiés : juif, Shoah, Franc-Maçons, d'où l'interchangeabilité de tous ces termes, les uns avec les autres sans distinction du sens propre que chacun renvoi, et chacun dénommé indifféremment sous le seul et même vocable religion.


Cependant, il existera toujours des lecteurs ou des auditeurs attentifs et critique et le propre du regard critique est de repérer les pièges du langage et empêcher la construction de raccourcis qui nuisent au sens manifeste.

Déconstruction : La Shoah n'est pas un élément propre de la religion juive, elle n'est pas une religion et Arlette Chabot n'a pas demandé à Marine Le Pen de s'exprimer sur un élément du judaïsme, pour renvoyer à la comparaison de Soral, à propos des 5 piliers de l'Islam (pour l'Islam) et de la Trinité (pour le Christianisme). Elle parle de la Shoah, et particulièrement des propos de Jean-Marie Le Pen dans l'affaire dite du détail.
Rien à voir donc avec la religion juive, si ce n'est que, plus de 5 millions d'hommes, femmes et d'enfants périrent dans les camps, parce que juifs, ce qui n'en constitue pas moins un fait de guerre et non un fait religieux.
Voila comment Alain Soral glisse de la Shoah vers la religion juive, et insinue le pouvoir aux juifs.

C'est pas encore très clair ? Terminons alors par un élément de calendrier. Alain Soral nous dit que :

(7:50) L'école ou tu as appris à mentir, c'est eux qui l'ont construite.
Qui sont "eux" ?
... ça fait 2500 ans qu'ils sont des professionnels de la domination triangulaire.
Alain Soral, explique dans son interview, ce qu'il entend par domination triangulaire. Je vous renvoie donc à son explication.

2500 ans ... Tiens, tiens ! Quel peuple, quelle religion est assez ancienne pour supporter 2500 ans d'histoire !!

(Je vulgarise). Ce n'est pas le Christianisme, apparu avec le Christ d'où il prend son nom. Ce n'est pas l'Islam, apparu 600 ans plus tard avec la naissance du prophète Muhammad.
Rien à voir non plus avec le sionisme (tant qu'on y est) apparu à la fin du 19e siècle de notre ère.
Quelle est donc cette religion si ancienne ?
Vous trouvez que le raisonnement est un peu tiré par les cheveux ? C'est que peut-être, je n'ai pas encore tout dit. En Septembre 2004, lors d'une émission diffusée sur France 2, Alain Soral qui échangeait avec Dieudonné et d'autres, sur ... les juifs, déclare :
Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire “y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n'est pas systématiquement la faute de l'autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu'en gros c'est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c'est bizarre ! C'est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer.
2500 ans, c'est une idée fixe chez Soral qui semble oublier que l'histoire du peuple juif est 5 fois millénaires. Enfin, le propos n'est pas là, et cette erreur historique, si l'on peut dire erreur, est d'ailleurs très intéressante, sans être le propos de cet article. 2500 ans et donc et il parlait bien des juifs.

Les juifs professionnels de la domination triangulaire


On pourra toujours critiquer le raisonnement et son résultat en supposant que l'axiome de départ était peut-être faux (l'origine des peuples et sa datation), et je veux bien reconnaitre qu'en cela, le raisonnement est critiquable. Je renvoi les sceptiques à une lecture attentive des textes d'Alain Soral.

Nous ne cherchons pas à convaincre, nous présentons une analyse critique.
Staline les a pas niqué, De Gaulle les a pas niqué ... Le meilleur moyen de les niquer c'est de ne jamais rien accepter d'eux.
Mais, c'est énervant à la fin, Soral, que cette obsession qui ne dit pas son nom !!! Qui donc sont eux ? C'est écrit dans les textes, nos textes sacrés nous dit SORAL, après une seconde d'hésitation un peu suspecte.

C'est à suivre parait-il, alors nous suivrons ... et certains se diront à quoi bon, on sait déjà l'histoire, elle est connue depuis des siècles et le sujet, ce eux dont nous parle Soral, on sait bien déjà qui ils sont, alors pourquoi suivre, sinon à aimer suivre un homme à l'agonie de prestige et de reconnaissance.


Pour conclure, selon Soral, les juifs ont le pouvoir, si j'écrivais qu'ils étaient maitres de l'univers, je laisserais exprimer mon coté taquin, ce serait exagérer évidemment (encore que, à les entendre ...), ils ne contrôlent que le monde des médias, de la finance et du showbiz. Dans les arcanes du pouvoir, les juifs contrôlent et dirigent les pays qu'ils envahissent ; ils (les sionistes, hum !!) sont derrière chaque divorce, selon Yahia Gouasmi, et quand on parle du pouvoir des juifs dans les milieux antisionistes, ce n'est pas le petit pouvoir, non, c'est le super-pouvoir du juif, seul maître sur cette terre après dieu.


Et ces cons là (les juifs) n'ont rien trouvé de mieux à faire que de revendiquer ce pays tout riquiqui, petit bout de terre "insignifiant" qu'est Israël ...



-- sans ressources ni richesses particulières, quelques misérables vingt milles kilomètres carrés - en comparaison, l'Iran c'est 1 million six cent mille km2 - cernés de parts et d'autres d'ennemis qui jurent sa disparition et qui depuis 60 ans, doit se battre pour défendre sa liberté ce qui est unique et n'existe nul part ailleurs dans le monde --


Oui ces cons-là disais-je ... quand ils auraient pu, peuple de l'élite et du pouvoir, maitre du temps et de l'espace, revendiquer, Naples, Rome, et tout l'empire.
En effet, quel pouvoir, les juifs !!

Sont-ce les mêmes, que personne ne peut blairer et qu'à "chaque fois qu'ils mettent les pieds quelque part, ils se font dérouiller".

La règle voudrait que ceux qui ont le pouvoir dérouillent les autres et ne se font pas dérouiller eux-mêmes.
Sont-ce ceux-là, les juifs si puissants ? Un colosse aux pieds d'argile monsieur Soral.

Ah ! si l'on était au lendemain d'une beuverie, j'aurais toujours pu écrire que ces maitres du monde, ces juifs aux pouvoirs arrogants, ont la gueule des mauvais jours ... mais hier, était un jour comme aujourd'hui, ordinaire aux pays des antisionistes obsessionnels.


Dieudonné le musulman anti-Juif (lui dit "anti-sioniste")

Dans une interview donnée à une télévision iranienne francophone en 2011, Dieudonné tenait le même discours du martyr mais cette fois, il parlait du sionisme, ce qui tend à démontrer que pour Dieudonné, la différence entre Sionisme et Judaïsme n'est que de pure convenance. Elle donne à son discours les aspects d'une critique politique quand il s'agit d'autre chose et autrement plus condamnable. Ainsi il déclarait à propos du sionisme : Tomber sous le sionisme m'importe peu, la mort sera plus confortable que la soumission et la condition d'esclave au sionisme.
D'ailleurs, pourquoi chercher midi à 14h, lors de cette même émission télévisée, Dieudonné ne déclarait-il pas, sans rire !! -> (00:52, Partie II) "Le sionisme a tué le Christ. C'est le sionisme qui prétendait que Jésus était le fils d'une putain".
Il ne s'agit évidemment pas d'un anachronisme maladroit : le sionisme est apparu en Europe à la fin du XIXe siècle. Il s'agit ni plus ni moins de dire que les juifs ont tué le Christ, mais ce n'est pas le propos ici. Ce détail méritait d'être relevé, car il montre de façon éclatante que l'antisionisme n'est qu'un prétexte à l'expression d'une autre tendance...

Soral, le théoricien antisémite soit-disant islamophile, maître-penseur de Dieudonné

Soral n’est pas un subversif et encore moins un révolutionnaire. Il domine certains sujets mais il ne connait rien, ni au judaïsme, ni au conflit israélo-arabe, il est navrant de conformisme et de sectarisme. Il ne cesse de se réclamer du christianisme, mais dénigre l’ancien testament pourtant fondateur du christianisme dont il se réclame. En débat avec un vrai spécialiste il serait totalement ridicule.
La mise en avant sur son site de faux experts comme Jacob Cohen qui n’ont qu’un bon nom bien juif pour servir le « Bonnet » ne constituent qu’un habillage habile pour masquer une véritable ignorance.
Parmi ses idoles Il y a quelques grands « démocrates musulmans » chiites comme Assad, Ahmadinedjad, et Nasrallah (!)

Alain Soral voit dans la révolution française la source de tous les maux de notre société moderne. Liberté Egalité Fraternité serait un slogan franc-maçon destiné à détruire la société.

Et pourtant, on ne peut résumer Soral à sa haine délirante de ce qu’il appelle le « talmudo-sionisme ».
Les connaisseurs qui savent que le Talmud dénonce tout nationalisme juif, apprécieront.

judaim reject sionism      judaim reject sionism


Dans son magma cérébral, il y a aussi d’incomplètes mais bonnes analyses comme celle des dérives du mondialisme, de la finance et des élites qui définissent la pensée unique et qui asservissent les peuples.

Faut-il être aveugle pour ne pas voir que le personnel politique de gauche comme de droite n’a plus aucun projet pour notre pays. Qu’il regarde impuissant se paupériser les peuples d’Europe désarmés et en proie à des financiers qui les endettent.
Faut-il être autiste pour ne pas comprendre que ceux qui criaient en 1968 : « sous les pavés la plage » ou « il est interdit d’interdire », sont devenus les tenants d’une oligarchie européiste qui formate une pensée exclusive et qui refuse tout débat.
A bien y réfléchir, ce n’est pas un hasard si les icones intellectuelles de mai 1968 comme JP Sartre avaient tous été séduits par le stalinisme et le maoïsme.
Dans notre pays, ils ont, avec d’autres mots et en renversant les valeurs fondatrices de notre société, mis en place un nouveau totalitarisme.

La colère gronde, et pas qu’en France.
Les partis politiques traditionnels et les institutions de toutes sortes y compris communautaires, portent une énorme responsabilité puisque refusant d’identifier les problèmes, ils ne pourront jamais apporter les solutions.
Cette situation déplorable d’une société décadente dont le seul tabou est celui de penser, canalise les mécontentements vers des apprentis sorciers, des charognards, qui ont placés la « quenelle » devant Aushchwitz et devant l’école où Merah a massacré des enfants juifs comme ultime marque d’une pseudo subversion au système.

Bernard Darmon

soral

 

Soral dans son intervention de janvier 2013 au sujet de la révolution nationale socialiste: la crise, la presse, les journalistes,etc.


Il enregistre chaque mois un éditorial qui lui permet de donner suite à sa paranoïa judéophobe. Pour lui, le monde est d’une simplicité déconcertante, les Juifs sont responsables de tout ce qui fait du mal au genre humain: Crise économique, guerre en Afghanistan, guerre en Irak, guerre en Lybie, au Mali, 11 septembre 2001, etc. Il voit des juifs partout. Pour ce cerveau souffrant, rien de ce qui se passe dans le monde n’est étranger au « Pouvoir occulte des Juifs » qui veulent diriger le Monde.

Soral dans son intervention de janvier 2013 au sujet du judaïsme, religion du diable.


« Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s'ouvrir ! »
Emile Zola


Soral/Dieudonné : le couplé gagnant

Article paru dans Zamanfrance.fr

Mais sans aucun doute, le tournant de l'ascension de Soral est le moment où il fait alliance avec Dieudonné. A partir de cet instant, Soral utilisera au maximum le succès, la notoriété et le sentiment d'injustice ressenti par son public après la première affaire Dieudonné et l'histoire du sketch chez Fogiel, comme moteur politique. Il n'est pas une vidéo ou une conférence où Soral ne réitère l'idée qu'il forme avec l'humoriste déchu un duo, le couple Astérix-Obélix, celui des résistants qui sauveront la France.



dieudonné soral

L'alliance personnelle du polémiste et de l'humoriste va ouvrir à Soral les portes d'un public beaucoup plus large, et, coup double, la caution anti-raciste qu'il recherche. Soral devient ainsi pour ces jeunes l'Autre/Même, le blanc catholique, le Français de souche mais qui me ressemble et qui, pour la première fois, me tend la main au nom de la France. Soral le sait, il l'a senti d'instinct : ces jeunes Français sont fragiles, se cherchent et veulent de l'écoute et du respect : il saura les leur offrir.

Ils ont mal à leur France, et ne savent plus comment sortir du cycle interminable de leurs crises identitaires. Français sans l'être, Français récents ou relégués à des origines qu'ils ne connaissent plus vraiment, ces jeunes sont d'immenses blessures ouvertes où il est si facile de plonger le doigt pour les faire souffrir ou de poser la main pour soulager leurs plaies.

Ajoutez à cela un discours qui réhabilite l'homme patriarcal et viril, défend la tradition et la religion, combat le sionisme, non pas au nom du droit des Palestiniens, mais au nom de la France, tacle le féminisme, clashe les élites.... et vous aurez la recette du succès d'Egalité et Réconciliation qui a su intelligemment et habilement occuper un espace déserté par les acteurs religieux, politiques et intellectuels de France.


Soral et Dieudonné. Complotisme ou parrésia ?

Article paru dans Mediapart.fr

Critique de la raison nulle

« Professionnels de la communication, usant de tactiques sophistiquées pour se garantir audience et succès commercial», Soral et Dieudonné constituent « un phénomène important », aux yeux du politologue Hamdi Nabli (1). Un paradoxe, « dans la mesure où leur “pensée” est nulle ». Démonstration.

Bannis des médias, ils défraient la chronique ; black-listés par les éditorialistes de « l’Establishment », ils occupent les esprits. Alain Soral et Dieudonné forment un duo comique jouant la carte du nihilisme pour faire rire d’un pouvoir risible, ou pour faire haïr une oligarchie détestable. Au vu des provocations de l’un et des prises de position de l’autre,  ils représentent pour la République et ses valeurs un trou béant, un binôme dramatique que le pouvoir tente de sur-dramatiser (Valls à La Rochelle), dans le même geste nihiliste de fuite en avant qu’affectionnent les intéressés… Au couple tragique fait face le politique en panique !

Si le pouvoir panique, c’est que le couple formé par Soral et Dieudonné constitue un phénomène important. Le pouvoir a affaire à des professionnels de la communication, usant de tactiques sophistiquées pour se garantir audience et succès commercial ; ainsi, grâce à Internet, les black-listés des médias mainstream possèdent eux-mêmes une puissance médiatique – stratégie typiquement postmoderne : renverser le rapport de forces défavorable par l’usage de la technique. Techniciens de la communication, ils savent faire parler d’eux. La différence avec les publicitaires est qu’ils ne vendent pas directement un produit, mais qu’ils tentent de faire passer un discours, et que ce discours passe – notamment auprès des jeunes. Dans une société basée sur l’autocontrôle, l’autocensure et l’obéissance généralisée, Soral et Dieudonné s’évertuent effrontément à inculquer à leurs disciples/fans les vertus du politiquement incorrect ; base de leur “ enseignement ” : il faut apprendre à désobéir – considération intempestive : Soral et Dieudonné éducateurs.

L’importance sociale de Soral et de Dieudonné est paradoxale, dans la mesure où leur “ pensée ” est nulle. Dans le cas du pamphlétaire, cela est problématique ; conceptuellement, Soral est un homme du XIXe siècle : ses idées proviennent d’un univers mental dépassé. L’application de la méthode dialectique permet l’élaboration d’un discours hyper-simpliste et engendre un manque de nuance fatal à l’analyse (géo)politique. Sa principale dialectique repose sur l’opposition entre Empire (dominant) et nations (dominées). Or le terme d’Empire est ambigu.

Si l’Empire, de l’Antiquité à la Renaissance, était le cadre extensif d’une société de type aristocratique où régnait une hiérarchie naturelle juridiquement réglée (exemple parfait : la Rome des Césars), l’Empire, depuis les Temps modernes, est le cadre intensif d’une société de type démocratique où règne une égalité juridique naturellement déréglée (exemple parfait : l’Amérique du dernier homme consommateur/jouisseur…).

Soral confond les deux, car l’Occident est la première victime de sa mondialisation et de l’uniformatisation culturelle, et s’il a imposé impérialement son modèle capitaliste et déstructurant à travers la colonisation, ce modèle s’est ensuite diffusé sans force : les indépendances nationales ont débouché sur une course à la croissance et au développement à l’échelle planétaire. L’ « ère de la technique » (Heidegger), si elle a débuté en Europe, est désormais universelle.

En outre, l’opposition Empire/nations est factice : les Nations européennes modernes ont été impériales, les Empires modernes ont été nationaux. Entretenir cette opposition, c’est négliger le fait politique de toute la Modernité : la constitution d’États-nations visant la domination du monde. Soral joue la carte de la dialectique pour avancer qu’à présent les nations résistent à l’Empire, dit « américano-sioniste », sans s’interroger sur le fait que cet « Empire » soit le fruit de projets nationaux – le sionisme n’est-il pas une forme de nationalisme ? Et qu’en est-il de la Nation américaine ? Et la Russie, vue par lui comme « nation résistante », ne se conçoit-elle pas comme un Empire en devenir ? Et la Nation même, concept typiquement moderne, n’est-elle pas la forme politique décadente qu’abhorrent les traditionnalistes (René Guénon, Julius Evola) que Soral encense par ailleurs ? Et le programme « Droite des valeurs/Gauche du travail » de celui qui se dit marxiste n’est-il pas à mille lieues de la société sans classes, et ne s’inspire-t-il pas plutôt de l’ordre nietzschéen où la Civilisation aristocratique superpose une morale des maîtres (valeurs : Gloire et Honneur) et une morale des esclaves (travail : obéissance et servilité) ? Trop de contradictions.

Pis : la dialectique est la méthode même du pouvoir, qui par les antagonismes réglés qu’il fabrique (dominants/dominés) impose une grille d’intelligibilité composée d’oppositions factices (bien/mal). Soral utilise une arme conceptuelle typique du simulacre de second ordre – la rationalité dialectique – pour lutter contre un système qui a déjà mué en un simulacre de troisième ordre, une simulation – il n’y a désormais plus de sens, ni de grande référence comme « le Pouvoir » (Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort). C’est là toute sa faiblesse, le fait qu’il soit si inconséquent intellectuellement : il a loupé le tournant idéel du postmodernisme. En fait, Soral est un phénomène social hybride, de facture postmoderne, car utilisant le moyen viral de la simulation numérique, mais à contenu moderne, car véhiculant des messages dialectiques d’un autre temps. Sa ruse consiste à utiliser son talent rhétorique pour cacher ses contradictions.

Son entreprise relève d’une psychologie primaire des intentions, présupposant l’existence d’une intention maléfique : derrière chaque évènement se cache un pouvoir mystificateur, un esprit malfaisant ou un génie… un démon (juif), une grande puissance (l’Amérique). « Mentalité primitive », au fond (Lucien Lévy-Bruhl). La psychologie primaire des intentions est aussi la « psychologie du prêtre » guidant le troupeau (Nietzsche, Généalogie de la morale) : « le prêtre est celui qui fait dévier la direction du ressentiment » en identifiant une cause à la souffrance – à la différence près que Soral adopte une posture réaliste adaptée à notre monde déchristianisé : il ne dit pas « moi, pauvre créature terrestre, j’ai péché », mais : « moi, ancien du Parti communiste, j’ai souffert. » Normal que Soral utilise la dialectique : dans son Crépuscule des idoles, Nietzsche conçoit cette méthode comme la technique permettant l’expression du ressentiment plébéien.

Pensée unique et théorie du complot forment la matrice discursive grâce à laquelle deux fictions, « le pouvoir » et « la résistance », subsistent. Les “ complotistes ” renforcent le système : leurs discours accréditent la chimère d’une élite manipulant le monde et donnent ainsi au « pouvoir » une capacité – la prise de décision – qu’il n’a pas, une existence qu’il a perdu au profit du hasard, de l’incertitude et de l’indétermination qui gouvernent le monde. Dans les faits, les pouvoirs politiques vacillent, le Pouvoir mondial n’est nulle part. C’est donc une chance que les “ complotistes ” existent, pour les élites : en leur imputant tous les faits (crises, guerres et catastrophes), ils leur donnent une légitimité introuvable, du moins une responsabilité qu’elles n’espéraient plus.

La théorie du complot résonne comme le discours des exclus de la représentation. Soral et Dieudonné ont été écartés de la société du spectacle ; dès lors, ils représentent ceux-qui-ne-sont-pas-représentés. Si la dérision est une fin en soi pour Dieudonné, elle est un moyen pour Soral, qui tente une rationalisation de l’entreprise pataphysique de son acolyte – qu’est-ce que l’antisionisme pour un bouffon, sinon une solution imaginaire au sens de Jarry ? Avec Soral, le geste du bouffon s’articule autour d’un discours “ rationnel ” et lui enlève une partie de sa frivolité, donc de sa dangerosité. La part irrationnelle du burlesque suffit largement à déstabiliser le système, alors que la théorie du complot comme dialectique permet au système d’agencer sa pensée unique sur une contradiction sur laquelle elle peut s’appuyer. Le bouffon tournant en dérision le logos a la force dionysiaque de dissoudre en pensée tous les rapports de pouvoir ; Soral croit trop en l’opposition entre le frivole et le sérieux, alors que celle-ci a disparu : pas plus risible qu’un homme politique ; Dieudonné l’a compris : il manie l’humour tragique, qui fait mourir de rire le dieu Logos.

Ce qui est fascinant chez Soral, c’est l’impression qu’il veut donner de posséder la vérité, c’est cette folie de celui qui a une certitude concernant la vérité relative à la politique mondiale !... Cette velléité constitue la base de la « domination charismatique » (Max Weber) qu’il exerce sur les jeunes de son Club. Comment la psychologie primaire des intentions (« derrière tout fait se cache un démon »), qui devrait entraîner un fatalisme absolu, conduit-elle à l’agitation et à la propagande ? C’est que cette agitation et cette propagande ne visent aucun but particulier, aucun objectif concret : elles trouvent leur finalité en elles-mêmes. Autrement dit, Soral partage avec Dieudonné le sentiment tragique de l’anti-eschatologie politique : il n’existe pas de finalité heureuse à l’acte “ critique ”, juste un sentiment de pouvoir supporter l’insoutenable lourdeur de l’être. D’ailleurs, le complotisme a quelque chose de tragique ; son credo dogmatique est : la fin de l’Histoire (le nouvel ordre mondial comme happy-end) est un complot ourdi par les gagnants de la guerre froide ; or il faut que l’Histoire (c’est-à-dire la tragédie) continue !

Si la “ pensée ” de Soral et de Dieudonné est nulle, elle l’est aussi au sens où « l’art contemporain est nul » (Baudrillard). Révélatrices de l’indistinction postmoderne entre réalité et fiction, les théories complotistes proposent une réalité (éco-stratégique, géopolitique) qui est une fiction inventée par des scénaristes, « les maîtres du monde », dont l’objectif est que leur fiction devienne réalité… Le monde ready-made. Dès lors, déjouer le complot consiste à dénouer l’ordre du réel (la nation et ses singularités…) de l’ordre du virtuel (le gouvernement mondial). Chez Soral, cette dé-liaison prend la forme hyper-archaïque de la dialectique : les nations contre l’Empire. Chez Dieudonné, la lutte prend la forme d’une confusion entre l’homme de spectacle et le personnage de fiction : dans Cocorico, un sans-papier se voyait annoncer que « [sa] vie est un combat perdu d’avance… » Humour noir et nihilisme jouissif… « Le comique, c’est une attente qui se résout dans le néant, qui se dissout en rien » (Kant). Dans l’un de ses sketchs, Dieudonné demande « c’est quoi ta nationalité ? » à un pygmée rencontré par hasard ; « la forêt » répond ce dernier. « La jouissance [du rire], c’est la désagrégation du logos répressif » (Jean Baudrillard, L’échange symbolique…) ; Socrate à Saint-Tropez n’a qu’à bien se tenir.

Les cyniques de l’Antiquité pratiquaient la parrésia, le franc-parler (Michel Foucault, Le courage de la vérité). Cette pratique a eu un écho dans l’histoire culturelle – ses dernières manifestations notables furent le dandysme, l’anarchisme révolutionnaire et le mouvement punk. Le phénomène « Soral et Dieudonné » pourrait constituer une réactivation de cette pratique, à une époque marquée par le retour de la morale ; or « au regard de la morale et des mœurs, la gauche a pris le relais de la droite » (Baudrillard, L’échange symbolique…) ; pas étonnant que l’immoralité se soit déplacée à l’extrême droite. L’instrumentalisation des thèmes de l’extrême droite (nationalisme, immigration, racisme, etc.) joue, à une ère post-politique où ces thèmes sont caducs, le rôle de capteur d’immoralité. Alors que l’intégration des fils d’immigrés s’effectue lentement mais sûrement, les Éric Zemmour, les Élisabeth Lévy et tous les décomplexés de France, sous le sceau de la libre pensée, de l’immoralisme et de Philippe Murray (le pauvre, s’il savait…), se permettent d’exprimer des opinions politiques tendancieuses dans une posture faussement courageuse : leur cible, l’islam, est l’entité la moins forte dans le rapport de forces actuel, et le système tout entier use de la peur de l’islam comme stabilisateur social factice. Soral s’attaque à une entité plus puissante selon lui ; et comme l’explique Finkielkraut, « [Soral] n’est pas un tricheur ; il [joue] carte sur table ; il [affiche] ses terrifiantes convictions » (Enquête&Débats, 26 avril 2011). C’est l’alliance entre la conviction de dire la vérité et  l’affichage ostentatoire de cette soi-disant « vérité » qui forme précisément l’idiosyncrasie du parrésiaste – mais Soral se dit rationaliste, alors que le cynique est plus sceptique, voire nihiliste, qui ne croit pas même en une quelconque vérité : la psychologie de Dieudonné se rapproche de ce type.

L’exclusion de Soral et de Dieudonné de la scène socio-médiatique fait qu’ils incarnent automatiquement une forme de courage, sans même qu’ils n’aient à entreprendre d’actions grandioses. En effet, la simple critique d’Israël et de sa politique constitue un exercice fort périlleux (P. Boniface), et avec la loi Gayssot, le négationnisme est quasiment une expérience-limite. Pour le comique se présentant comme le bouffon du Roi, la tentation est grande de remettre en cause avec le sourire l’évènement capital du XXe siècle et d’attaquer l’État qui en est pour partie issu : il ne s’agit pas de surmonter la contradiction par la dialectique (Hegel), mais de transgresser la limite (Bataille) par le courage du franc-parler (Foucault) ; l’effet comique est rendu facile par cette loi mémorielle : elle impose le regard de l’État sur l’Histoire. En gros, avec Gayssot, pour lutter contre le fascisme, on interdit de penser – après la drôle de guerre contre les nazis sous la IIIe République, la drôle de lutte contre le fascisme sous la Ve : pour un humoriste nihiliste, c’est du pain bénit.

En réussissant à additionner la mise en jeu de sa mort médiatique (martyrologie) et l’appropriation des armes de la puissance dominante (Internet), Dieudonné a acquis « l’esprit du terrorisme » (Baudrillard), reposant sur l’alliage entre le marketing et le scandale. Normal que le politique panique : Dieudonné et Soral se logent au cœur même du système. Le 11-Septembre n’a pas provoqué de panique, car le coup fut vécu comme provenant d’un dehors absolu, alors que la panique est un mal de l’intérieur (Jean-Pierre Dupuy, La panique). Le succès qu’ils rencontrent dans leur utilisation d’Internet, outil-symbole par excellence du système, fait de Soral et de Dieudonné des “ maux du dedans ”, générés par le système lui-même et qu’il ne pourra sans doute jamais contrôler ; il y a potlatch numérique, échange don/contre-don (Marcel Mauss) : à la technique comme idéologie répond la critique de l’idéologie dominante par la technique. Évidemment, le résultat de cette “ critique ” ressemblera au palmarès de Soral en tant que boxeur – un combat, une défaite.

(1) Dernier ouvrage paru : L’(in)égalité politique en démocratie, Paris, Fondation Jean Jaurès, 2013



Dieudonné interviewe Serge Ayoub : faut-il continuer à faire comme s'il n'existait pas ?

Article paru dans Lenouvelobs.com

LE PLUS. Dans une vidéo mise en ligne le 30 juillet sur internet, Dieudonné dialogue sur l'affaire Clément Méric avec Serge Ayoub, fondateur du groupe d'extrême-droite Troisième voie. Peut-on encore combattre par le silence les ravages de l'idéologie Dieudonné ? Analyse de notre chroniqueur politique Bruno Roger-Petit.

dieudonné serge ayoub
Extrait de l'entretien entre Dieudonné et Serge Ayoub, mis en ligne le 30 juillet 2013 (capture d'écran).

Dieudonné a fait alliance avec Serge Ayoub. Dieudonné est le nouveau compagnon de route du leader des dissoutes Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), un groupuscule d'extrême-droite ultra dangereux, dont la dissolution a été décidée, pour cette raison, par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Dieudonné est maintenant l'ami de l'ex-Batskin, celui qui passe son temps, désormais, à tenter de salir la mémoire de Clément Méric.

Un procédé odieux

 

La scène a été filmée. Trente minutes de conversation au cours de laquelle Dieudonné fait ami-ami avec celui qui se proclame descendant des SA Nazis et s'en fait gloire. Trente minutes pour s'en prendre au souvenir de Clément Méric et en conclure que, finalement, "nous avons le même ennemi", ce "même ennemi" n'étant ni mentionné, ni identifié, on se demande bien pourquoi.

 

Trente minutes où apparaît la vérité Dieudonné, ce qu'elle propage et ce qu'elle dégage (on s'interdit ici de mentionner le lien renvoyant vers cette vidéo pour une évidente raison : ce billet a pour but de pointer un problème politique, pas d'aider à la diffusion d'une idéologie anti-républicaine).

 

Le dialogue entre les deux hommes est d'abord consacré à l'affaire Clément Méric. En fait, Dieudonné se fait le complice d'Ayoub qui n'a d'autre but que de discréditer la mémoire du jeune disparu. Le procédé est odieux.

 

Que faut-il à tous les aveugles qui continuent de se rendre par milliers aux spectacles de Dieudonné, dans toutes les villes de France où l'on n'ose pas encore l'interdire, alors que son dernier one-man-show, Foxtrot, regorge d'allusions sur les juifs et les gays à la signification sans équivoque pour qui veut bien se donner la peine de les décrypter pour ce qu'elles sont, intrinsèquement ? (certains des sketchs de Foxtrot sont visibles sur internet, et il faut bien le dire, ils glacent le sang)

 

En vérité, c'est la seule question qui vaille aujourd'hui s'agissant de ce phénomène qui se propage tel un virus dangereux pour la République.

 

Dieudonné tire profit du boycott médiatique dont il est frappé

 

Comment se fait-il que la contre-culture du Dieudonnisme, ses codes, ses références, ses signes de reconnaissance, tous aussi odieux les uns que les autres finissent par être adoptés par toute une génération de vingtenaires et trentenaires qui, tantôt savent très bien ce qu'ils propagent, ce qui est grave, ou pire encore, ignorent ce à quoi ils participent, ce qui est encore plus grave ?

 

Peut-on chanter "Shoahnanas", le grand tube de Dieudonné, sans réaliser le tort que l'on cause à des millions de victimes et à leurs descendants ?

 

Car c'est bien cela qui est redoutable avec Dieudonné. Il tire profit du boycott médiatique dont il est frappé. La victimisation jouant en sa faveur, ceux qui le soutiennent en allant voir des spectacles dégradants sont persuadés qu'ils font œuvre de résistance à la dictature de la pensée unique érigée en dogme par les maîtres du système.

 

En silence, le "Dieudonnisme" prospère, parce que beaucoup de ceux qui devraient le combattre de manière franche et directe redoutent de participer à sa propagation en lui offrant l'exposition recherchée. Ce à quoi nous assistons tendrait plutôt à prouver que c'est l'inverse qui se produit. Le silence médiatique sert Dieudonné plus qu'il ne l'entrave.

 

Voir Yannick Noah poser aux côtés du comique en adoptant avec lui l'un des ces signes codés qui visent la communauté juive, c'est l'un des révélateurs de la viralité du Dieudonnisme. S'il était répété plus souvent ce que Dieudonné incarne, nul doute que Noah y aurait réfléchi à deux fois avant de prendre cette pose insoutenable pour tout républicain qui se respecte.

 

Un ennemi invisible

 

Cette constatation ne pouvait que nous conduire à pointer aujourd'hui la dernière provocation de Dieudonné, à savoir faire allégeance à Serge Ayoub tout en s'en prenant à la mémoire de Clément Méric. En espérant que les aveuglés de la secte des Dieudonnistes puissent retrouver la vue, et la raison qui va avec. Le dialogue ultime entre les deux nouveaux frères de sang politique est, de ce point de vue, éclairant :

 

- Dieudonné : "Nos adversaires, ce sont ceux qui ont le pouvoir aujourd'hui... Et c'est contre eux qu'il faut que nous nous battions...

 

- Ayoub : "C'est l'upperclass... Aux États-Unis, en France et ailleurs, ce sont eux qui prennent le pouvoir avec l'argent... C'est ce qui nous broie.."

 

"Ils", "eux", "nos adversaires".... Pas une fois, ceux auxquels Dieudonné et Ayoub prétendent s'opposer ne sont nommés, désignés, autrement que sous des vocables génériques qu'ils semblent parfaitement comprendre l'un et l'autre.

 

Et le pot-pourri final :

 

- Dieudonné : "Si on une opposition, c'est face à cet État, face à ceux qui ont le pouvoir... quand même ! On va pas se battre entre couches populaires et défavorisées..."

 

- Ayoub : "En 14, que ce soit le Poilu ou l'ami Fritz en face... Bien sur qu'ils se combattus l'un et l'autre... Mais pour qui ? pour Krups et de Wendel... Donc y en a marre de mourir les intérêts des autres... Y en a marre..."

 

- Dieudonné : "Bon, ben écoute, ce qui me paraît évident c'est que nous on tombera pas dans le piège... On représente bien la France d'en bas, cette France qui a différentes origines, différentes histoires, mais qui finalement... on a le même ennemi quoi..."

 

- Ayoub : "On a le même ennemi, c'est une évidence..."

 

La scène se termine par une poignée de mains fraternelle et complice.

 

Et le spectateur de ne pas se demander quel est ce "même ennemi" visé par Dieudonné et Ayoub, car il sait décoder aussi ce langage, ces allusions, ces codes, ces circonvolutions qui ne sont là que pour éviter de tomber sous le coup de la loi pénale... Et le spectateur de songer aux cohortes de jeunes qui s'en vont voir les spectacles de Dieudonné, victime autoproclamée de "eux" et "ils", le nouvel allié de Serge Ayoub, en pensant que c'est de l'humour, rien que de l'humour.

 

Faut-il vraiment continuer à faire comme si Dieudonné n'existait pas ?

 

Ma lettre de proposition de logo à Dieudonné et Soral

Article paru dans Mediapart.fr

Copie du mail envoyé le 12 novembre à Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser. à l'intention de MM. Dieudonné et Soral, à l'occasion du concours d'idées organisé par ces derniers pour la création du logo de leur nouveau parti.

Bonjour,

MM. Dieudonné et Soral ont choisi le 11 novembre 2014 pour diffuser une vidéo présentant leur nouveau parti "Réconciliation Nationale" (ou recnat).

Le choix du 11 novembre, date anniversaire de l'arrêt des combats d'une des plus grandes boucheries organisées de l'Histoire, me semble, en terme de communication, assez judicieux en effet, la preuve étant les 130 000 visionnages de l'intervention, et ce en quelques heures. Je trouve simplement dommage qu'en cette occasion, mais ce n'est que mon avis, ils n'aient pas précisé que des centaines de milliers de "Juifs du quotidien" se sont engagés dans la Grande Guerre et que plusieurs dizaines de milliers d'entre eux étaient morts au combat. Cela aurait permis d'équilibrer le propos. Ils auraient même pu leur rendre hommage, au même titre évidemment que les musulmans, les chrétiens, les athées, les noirs, les jaunes, les blancs, tous les hommes et toutes les femmes, sacrifiés entre 1914 et 1918.

Loin de moi la volonté de donner quelque leçon d'Histoire que ce soit, de toute manière comme ils le disent eux-mêmes assez lucidement, ils finiront probablement en prison. Car il faut bien comprendre que si ces messieurs savent manier l'ambiguïté ("Non, nous ne sommes pas antisémites, le parti sera ouvert au 'Juifs du quotidien'."), force est de constater que ce n'est pas le cas de ceux qui adhèrent à leurs thèses, loin de là, très très loin de là. Lorsque le drame arrivera, car, à force d'exciter les consciences il arrivera fatalement, il sera déjà bien tard. Et la responsabilité de MM. Dieudonné et Soral sera pleinement engagée.

Bref, l'occasion est passée. Une de plus, je vais finir par croire qu'ils le font exprès.

Arrive enfin, en conclusion de l'intervention, un appel à candidatures, un concours pour la création du logo du nouveau parti. Et là je m'adresserai directement à MM. Dieudonné et Soral.

Vous ne pouvez décemment pas vous trimballer avec ce graphisme ésotérique représentant un lion et un coq se tenant patte dessus, aile dessous. D'abord c'est très "égocentré" sur vos personnes alors que vous déclarez, main sur le coeur, mais également parce que vous êtes déjà grillés par la justice (sans doute selon vous aux ordres de la "communauté organisée") que ce nouveau parti est créé pour que d'autres, ceux que vous appelez, à force d'ambiguïté, au pogro… à se présenter pour défendre les "valeurs" de ce dernier. Ensuite parce qu'effectivement, et vous le dites vous-mêmes, ce dessin n'est absolument pas efficace. En effet un logo doit pouvoir être également lisible de loin ou à petite et grande échelle.

Je vous propose donc d'assumer complètement votre engagement, de balayer une fois pour toutes l'ambiguïté et vous propose en ce sens une palette de couleurs reconnaissable au premier coup d'oeil. Nul doute que cette dernière saura, en toute légalité, éveiller la nostalgie d'une partie de ceux qui adhèrent à vos idées.

Quant au logo en lui-même, la signature symbolique de votre engagement, j'avais ma petite idée sur les vôtres lorsque j'ai entamé ma recherche graphique. Puis, dans un moment de grâce, je suis tombé sur cette image : http://bit.ly/1tG9wU3.

L'avantage c'est que vous pouvez coller n'importe quel sens symbolique et/ou ésotérique à ce logo et le moins que l'on puisse dire, c'est que si d'aventures vous l'adoptiez, on en parlerait jusqu'aux confins de la galaxie pendant des lustres. Des lustres en cristal évidemment.

Voici donc ma proposition, un trou du cul stylisé noir sur un rond blanc au centre d'un champ rouge.

logo réconsiliation nationale

Pour finir, je voulais vous avertir qu'au moins un personnage de l'Histoire a procédé à un concours d'idées pour créer l'emblème de son parti. Lui aussi était révolté, tout du moins obsédé, par les manigances d'une "communauté organisée", l'ennemi intérieur responsable de tous les maux, lui aussi voulait soi-disant redonner espoir et justice au peuple et lui aussi prônait une forme d'autarcie économique et intellectuelle.

Je vous le dis sans haine, cet homme et ses amis ont connu une triste fin et ont accessoirement provoqué la mort de plus de 70 millions de personnes.

Tout ça parce qu'une quantité considérable de trous du cul ont avalé ses idées de trou du cul.

À bon entendeur,

Nicolas Alarcon (@nicolasalarcon)

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